Le jour et la nuit

Voici maintenant presque un mois que j’ai commencé dans ma nouvelle boîte, enfin libérée du carcan qui m’emprisonnait et m’enserrait la tête dans un bore out de plus en plus prononcé dans mon ancienne entreprise.

Et je dois dire que chaque jour passé dans ce nouveau taf et chaque news que j’ai de mes anciens collègues me confortent dans mon choix d’avoir démissionné de là-bas pour venir ici et ce sans le moindre regret.

Noooon, je ne rregrrrrette rrieeeeeen…

Ne pouvant en effet m’empêcher de comparer old job et new job, je me suis vite rendu compte que les 2 sont aussi différents que le jour et la nuit.

Jugez plutôt…

Des sujets intéressants

Old job

Du juridique, du juridique et rien que du juridique !

Des thèmes totalement inintéressants pour moi et qui, comme l’aurait si bien dit feu notre Chichi national, m’en touchent une sans faire bouger l’autre. L’impression de relire toujours la même chose alors qu’en fait non puisque la fois d’avant ça concernait les communes de – de tant d’habitants alors que là, c’est les communes plus importantes, tu vois…

Bref, ce domaine auquel j’ai voulu donner une chance de m’intéresser quand j’ai été embauchée dans cette boîte s’est mué peu à peu en soupe indigeste.


New job

Des loisirs, de l’évasion, des sujets variés, quel changement positif pour moi !

Je suis passée de « antenne-relais, faut un trait d’union ou pas ? » à « Mohammed Ali, 1 ou 2 ‘m’ ? » (alors pour info : oui, il faut bien le trait d’union à « antenne-relais » et « Mohammed Ali » peut s’écrire avec 1 ou 2 ‘m’, au choix…).

Par ailleurs, certains thèmes assez spécifiques au premier abord sont un prétexte à un article beaucoup plus intéressant qu’il n’y paraît.

Exemple fictionnel pour que vous pigiez mieux : dans un magazine sur les bijoux, un article parle de 2 amis joailliers qui viennent de lancer leur affaire. Ils sont également tous deux passionnés d’histoire et ont participé à un rassemblement médiéval dans un pays étranger. L’article, au lieu de s’éterniser sur la joaillerie ou de nous faire un speech façon « La reprise d’entreprise : comment procéder ? », va raconter le fameux rassemblement, avec photos de décors et de costumes à l’appui…

Évasion garantie !

Finie la solitude

Old job

Dans mon ancien taf, quelque chose me pesait depuis un moment : la solitudine comme le chantait Laura Pausini.

Je ne parle pas de solitude « géographique », ayant moi-même demandé, après un épisode mémorable mis en scène par Folcoche, à avoir un bureau dans lequel je puisse être seule, histoire de me concentrer sans être dérangée par les allées et venues ou les appels téléphoniques d’un(e) éventuel(le) coloc, ou par la tentation de papoter avec lui (elle).

C’est le fait d’être seule à mon poste que j’avais de plus en plus de mal à supporter. En tant qu’unique assistante d’édition de la boîte, j’étais la seule salariée dont le métier relevait à 100 % du domaine de l’édition, les rédacteurs juridiques étant eux-mêmes juristes avant d’être rédacteurs et ayant une activité tournée de plus en plus vers le service aux clients. Quant à La Kapo, je l’exclus d’office du domaine éditorial car elle n’a de rédactrice en chef que le titre, et parmi mon lectorat, les personnes qui me suivent depuis quelques années savent très bien pourquoi.

Par conséquent, je n’avais personne avec qui parler en cas de doute sur l’orthographe de tel mot ou l’accord de tel participe passé, mes seuls échanges se résumant à moi et moi-même ou moi et le site d’un célèbre dictionnaire…

J’en venais donc à rêver de bosser dans un cassetin, telle Muriel Gilbert, entourée d’autres correcteurs avec qui discuter langue de Molière…

J’ai lu… « Au bonheur des fautes » de Muriel Gilbert

J’ai fini hier soir un livre que j’ai adoré de la 1re à la dernière page. Il s’agit de Au Bonheur des Fautes de Muriel Gilbert (éditions France Loisirs). J’ai décidé de vous en parler ici car ce livre est particulier pour moi. **** C’est qui cette Muriel Gilbert ? Muriel Gilbert, c’est elle :…

Suite…

New job

Quelle différence pour moi !

Les rédacteurs en chef ne sont pas sur place, mais, chose étonnante, ils sont très impliqués dans le travail rédactionnel car, accrochez-vous, ils rédigent ! Incroyable, n’est-ce pas ? (et rép à ça La Kapo)

Ils coordonnent également le processus éditorial pour certaines des revues, bref, ce sont de vrais rédacs chef ! Et ça me fait tout bizarre…

Sur place, je compose avec les 2 secrétaires de rédaction qui, eux, sont chargés de coordonner ce même processus pour certains autres titres que nous éditons.

Ils ont une certaine expérience dans la presse ainsi que dans les sujets abordés et dans les corrections. Je peux donc discuter avec eux à foison concernant les textes que je relis, et je peux vous dire que ça fait un bien fou de ne plus avoir l’impression d’être la pauvre conne qui bosse seule dans l’ombre et dont aucun dirigeant ne se préoccupe vraiment…

Un directeur présent et cool

Old job

Est-ce normal dans une petite boîte de devoir éplucher chacun de ses bulletins de salaires pour être sûr qu’il n’y ait pas d’erreur due à une mauvaise gestion des paies ?

Ou de devoir faire le pied de grue devant le bureau de sa DRH pour enfin pouvoir lui parler, sans quoi madame prétexte des rendez-vous pour vous éviter ?

Ou de devoir expliquer à ses propres dirigeants comment aller sur le site web de l’entreprise, alors que ce sont eux qui ont choisi les prestataires et pris toutes les décisions concernant ce site ?

Ou encore de ne plus oser ouvrir sa gueule soit parce qu’on se rend compte que ça revient à gueuler « dans le cul d’un poney » comme dirait Guethenoc, soit parce qu’on a peur :

• de s’en prendre plein la tronche…

Les fameux « Scuds » de Folcoche qui te liquéfient sur place…

Elle m’en a balancé un dernier en janvier : une entreprise est venue changer les fenêtres, avec les conséquences qu’on connaît (bruit, froid, poussière…). Un matin elle vient dans le bureau que je partageais alors avec ma future remplaçante, et elle demande à un ouvrier de tout de suite changer notre fenêtre. Je la regarde avec des gros yeux, ça la fait rire. Je lui explique que ça m’enchante pas de bosser dans le froid et avec le bruit et la poussière. Sa réponse : « Faites un effort ! » Lancement du SCUD réussi, retour à la base !

Fort heureusement, devant mon désarroi, l’ouvrier a dit qu’ils allaient plutôt s’occuper des bureaux vides. Ouais, ça serait pas mal !

• d’avoir droit à des représailles…

Avant que je parte, La Vioque a été prise d’une nouvelle lubie : elle a mis les 2 personnes du service commercial à l’accueil, grande pièce dans laquelle il y a beaucoup de passage, bref, pas l’idéal quand on a des coups de fil ou des rendez-vous avec des clients… Tout le monde pense que c’est une façon insidieuse de les punir étant donné que la vieille peau les tient pour responsables de la baisse des ventes et des clients perdus…

• voire de se faire éjecter comme c’est arrivé à la comptable ?

Que voulez-vous, quand vous mettez le doigt sur leurs magouilles et que vous voulez le signaler, une seule solution : vous licencier avec mise à pied… Heureusement que la comptable ne s’est pas laissée faire et a obtenu gain de cause aux prud’hommes !

Bien sûr que non, tout ça n’est pas normal, mais quand on est dirigés par un avocat qui se prend pour Einstein avec ses idées à la con et croit avoir inventé la poudre, et une vieille bique qui est passée pro dans l’art de l’esquive et qui n’est même pas foutue de gérer une PME de 15 pélos correctement…

Bref, 2 magouilleurs aussi forts pour faire fuir les gens (ou les dégager de force) que nuls pour diriger une maison d’édition (en même temps quand on connaît rien à l’édition on plante des radis ou on se met au tricot, mais on rachète pas une maison d’édition)…

Sans parler du fait qu’ils sont l’archétype du patron arriéré : anti-télétravail mais pro-flicage, toujours à critiquer leurs salariés devant les collègues mais jamais de compliments, pas d’évolution que ce soit pour les postes ou pour les salaires…


New job

Premier bon point : je n’ai qu’un seul patron. Il a bien des associés qui ne sont pas sur place, mais pour gérer le « noyau dur » que nous sommes, c’est lui et lui seul, ce qui est beaucoup plus simple car ça évite que lui dise noir et qu’un éventuel autre dirigeant dise blanc, sketch récurrent dans mon ancienne boîte (et pas drôle du tout)…

Deuxième bon point : il est pratiquement toujours là, ainsi nul besoin de se renseigner auprès des autres pour savoir quand il sera possible de le voir, ou de devoir limite prendre un ticket, comme à la Caf, et attendre sagement son tour pour espérer le voir avant le siècle prochain…

D’ailleurs, quand il doit s’absenter plusieurs jours, il nous envoie un mail pour nous prévenir.

Troisième bon point : il est sympa, a le rire facile et respecte le travail de ses salariés. Il contribue à la bonne ambiance et à une bonne coordination puisqu’il s’investit et participe à l’activité de la boîte sur le plan organisationnel (par exemple : il réceptionne les livraisons, aide à l’organisation des événements, prépare le matériel, etc.), il ne dirige pas une entreprise juste pour engranger du pognon, contrairement aux Balkany de mon ancienne boîte qui n’avaient aucune idée de comment se passait le travail sur le terrain…

Quatrième bon point : il est pas chiant. Il ne passe pas son temps à nous fliquer, on est libres de gérer nos horaires nous-mêmes, de partir manger à l’heure qu’on veut, etc. et pourquoi ? Parce qu’il sait qu’aucun de nous n’est un fumiste, le boulot est fait et de manière consciencieuse, tout simplement…

Après forcément, faut pas avoir des gros branleurs bons à rien dans sa boîte… À bon(s) entendeur(s)…

Une ambiance au top

Old job

Certes je m’entendais bien avec mes anciens collègues (je ne parle pas ici des 2 chefs de service, avec qui la pseudo-bonne entente n’était que de façade), on rigolait bien ensemble, et il y avait un respect mutuel entre nous tous. Mais on était tous blasés, et l’ambiance dans la boîte était lourde…

Sans compter que j’avais constamment l’impression de me retrouver parachutée malgré moi au milieu d’un ring de boxe à cause des mésententes de certains…

Ainsi, La Kapo et plusieurs juristes en ont après le prestataire informatique et en avaient après la directrice (souvenez-vous, Miss Je-peux-pas-j’ai-piscine, sœur de L’Avocaillon) ; Couille-Molle en a après le prestataire et vice versa ; le prestataire est en froid avec la direction et vice versa ; Le Révolté (qui est parti depuis) était constamment en conflit avec la direction ; etc.

Et qui se retrouvait systématiquement, de par ses tâches, en plein milieu de ces champs de batailles ? Bibi ! Sauf que Bibi, elle avait rien demandé, et elle aurait préféré se retrouver au milieu du match Rocky VS Drago, au moins elle aurait pu se rincer l’œil (Dolph Lundgren en short… Ça se passe de commentaires) !


New job

Tous les jours je me marre avec mes nouveaux collègues !

Ils sont vraiment sympa et dispos, ne sont jamais médisants les uns avec les autres…

Au moins il n’y a pas d’hypocrisie avec eux ! Quand l’un d’eux a le dos tourné, je n’ai pas droit à des réflexions du style « oh làlà, faut toujours qu’il s’affole pour un rien lui », ou « il a fait n’importe quoi »…

Et puis on a plus ou moins les mêmes références télévisuelles eux et moi : l’autre jour, on parlait Sheriff, fais-moi peur !, une autre fois, c’était Les Bronzés, puis y a eu Jurassic Park, Kaamelott

Bref, même si je m’entendais bien avec mes anciens collègues, ils étaient plus jeunes que moi et j’avais l’impression qu’on était pas du même monde : en effet, c’est pas avec eux que j’aurais pu évoquer la trilogie de La 7e Compagnie !

La plupart de mes nouveaux collègues étant plus vieux que moi, j’ai l’impression d’avoir plus trempé dans leur monde, disons que je me sens beaucoup plus à ma place non seulement du point de vue de mes tâches, mais aussi de celui de l’atmosphère qui règne en ces murs…

Des tâches bien définies

Old job

Dans mon ancien boulot, si je me suis auto-surnommée Handy bag, ce n’est pas pour rien : j’étais le sac poubelle de la boîte dans lequel on jette négligemment toutes les tâches de merde dont personne ne veut se charger.

Bref, officiellement j’étais assistante d’édition mais en fait je faisais en plus office de secrétaire, d’informaticienne, de commerciale, de webmasterin, de graphiste, d’archiviste, de juriste, de stagiaire et aussi de déménageuse à l’occase…

En un mot : larbine. Tâches de larbine, polyvalence digne d’une larbine, et… salaire d’une larbine malheureusement.


New job

Au moins ici les tâches de chacun sont clairement définies, et personne ne refile son boulot aux autres.

Les responsables bossent (au moins autant que les employés) et assument leurs responsabilités.

Rien de surprenant me direz-vous. Ben quand on vient de mon ancienne boîte, je vous assure que la moindre norme devient surprenante, mieux, elle est abracadabrantesque !

Concernant mon taf, il est vraiment recentré sur mon métier, au moins je me me retrouve plus à me dépatouiller pour résilier des abonnements à la concurrence alors que ça n’a jamais fait partie des attributions qu’on m’avait données au départ, ou à me casser la tronche à refaire et mettre en forme des documents qui finalement ne serviront jamais.

Mon travail reconnu

Old job

Avant de devenir Handy bag, le nom de mon personnage était, dans le feuilleton Desperate Employees, L’Inexistante. Les raisons sont évidentes : j’avais souvent l’impression d’être invisible (sauf bien sûr quand il y avait une tâche de merde à me refiler). On oubliait de me dire bonjour, de me convier à une réunion (et on ne s’inquiétait pas de mon absence à ladite réunion), de me présenter à d’éventuels visiteurs, on ne savait même pas quel poste j’occupais dans l’entreprise ! Et le pire, c’est que « on » = ma DRH et/ou L’Avocaillon…

De plus, depuis 2017 que la boîte avait été rachetée par ces 2 connards, mon salaire n’avait jamais été augmenté, juste « revalorisé » au début car il ne correspondait pas à mon échelon (autant vous dire que, même si c’était toujours bon à prendre, ça ne m’a fait qu’une poignée d’euros en plus une fois toutes les retenues passées par là). Par contre ma quantité de taf, elle, elle a bien été revue à la hausse !

Et n’oublions pas que ni L’Avocaillon ni sa rombière n’ont jamais eu la moindre idée précise de ce que je faisais, concrètement, dans l’entreprise ! Rendez-vous compte par exemple que 3 ans après avoir racheté la boîte, lui croyait que c’était Couille-Molle qui faisait toutes les newsletters de A à Z ! Et même une fois que je le lui ai dit, « on » a eu l’idée de faire ajouter par l’informaticien, dans le pied de page de la newsletter, et en gros s’il vous plaît, le nom de… La Kapo. Alors que c’est moi qui me frappe tout le boulot.

J’aurais tellement d’autres exemples de preuves que pour eux je n’étais qu’une employée de seconde zone, qu’ils n’avaient aucune considération pour moi, mon travail, mon métier, mon domaine de compétences !


New job

Là c’est tout l’inverse ! Mes collègues respectent mon travail, que ce soit les secrétaires de rédac, les graphistes, les rédacs chef… D’ailleurs personne ne se permet de gommer mes corrections en mode « tant pis ça on le corrige pas ! » (n’est-ce pas, Kapo de merde ???) ; quand un des SR a un doute sur une de mes corrections, on en parle ensemble (et on finit toujours par en rigoler), on cherche la règle pour pouvoir trancher, on réfléchit… Bref, pour eux il n’y a pas de petites corrections, les articles doivent être les plus « propres » possibles, et franchement ça me fait un bien fou de bosser avec des gens comme ça !

Et puis, ils me complimentent quand je vois une erreur qu’eux ont loupée, et ils rient même de mes vannes (pourtant j’ai un humour au ras des pâquerettes, n’est pas Chandler Bing qui veut) !

Bref, ici je me sens enfin respectée pour mon travail et appréciée à ma juste valeur. Que voulez-vous, j’aime qu’on reconnaisse le peu de qualités que j’ai !


Oui je sais, je vous ai encore pondu un article à rallonge et oui je sais, j’en ai profité pour râler une fois de plus (la dernière ?) sur mon ancien boulot, mais je constate chaque jour des différences flagrantes entre ce taf moisi et mon nouveau job, qui mettent en évidence les nombreux dysfonctionnements qu’il y a dans ce cloaque.

Et j’étais tellement blasée à mon ancien taf que j’étais en train de finir par me dire que c’était peut-être partout pareil, que dans toutes les PME ça se passait comme ça et que c’était donc normal…

Je suis bien contente de pouvoir enfin constater que NON, c’est pas partout pareil, et que NON, ce n’est pas un fonctionnement normal pour une petite maison d’édition !


Source de la top image : http://www.cartesfrance.fr/cartes/geographie/terre-jour-nuit-jour.jpg

6 commentaires sur “Le jour et la nuit

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  1. C’est clair que quand on est enfermé, dans un mode de pensées, dans une entreprise, dans une famille ou que sais-je encore, on a l’impression qu’il n’y a que cette façon de faire qui existe ou qui aille alors que: NON.
    Mais il faut être prêt à changer pour s’en rendre compte, ce qui a été ton cas alors je dis Bravo lol 😉

    Aimé par 1 personne

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