Réflexions écolo : part three

Et voici maintenant la 3e partie du fil d’articles dans lequel je vous fais part de mes réflexions écolo, cogitant sur les « pseudo-solutions » trouvées par nos chers dirigeants pour paraît-il sauver la planète (mais à mon avis c’est plus pour faire gober à la France d’en bas que l’environnement les intéresse, et ratisser ainsi du côté de l’électorat des partis écologistes…).

J’avais d’abord parlé du problème des véhicules à moteur thermique et de la solution foireuse qui consiste à forcer les gens à rouler en voitures électriques.

Réflexions écolo : part one…

Nous, humains, sommes quand même des êtres fabuleux… Pendant des décennies, nous avons pollué la planète en toute connaissance de cause sans se soucier de son état ou des problèmes que ça causerait aux générations futures. Et voilà qu’aujourd’hui, et aujourd’hui seulement, on se triture la tête à chercher des solutions pour pallier la destruction…

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Puis j’ai évoqué le problème des déchets qui s’accumulent et des solutions tout sauf convaincantes de la REP, qui malheureusement n’œuvre en rien à leur réduction, et, à plus petite échelle, de la carte du ludique pour éduquer les gros dégueulasses afin qu’ils jettent enfin leurs déchets dans les poubelles et non dans la nature.

Réflexions écolo : part two

Voici venu le temps, non pas des rires et des chants (on n’est pas dans L’Île aux enfants, non mais oh !), mais de la suite de mes réflexions écolo que j’avais commencées dans cet article. Souvenez-vous, j’y évoquais les « solutions » trouvées et le manque de jugeote de notre élite concernant les problèmes environnementaux. Dans…

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Aujourd’hui, le problème que je souhaite mettre en lumière constitue également un déchet, qui plus est l’un des plus problématiques : le plastique.

Se passer du plastique

Contrairement à ce que clame Elmer Food Beat dans sa chanson, le plastique, c’est pas fantastique. On se rend compte aujourd’hui que cette matière qui fut révolutionnaire à une époque est devenue gênante : on ne veut plus d’elle parce qu’on en a marre des déchets qu’elle engendre…

Il était temps de s’en rendre compte, après plus d’un siècle d’utilisation effrénée !

Eh oui, cette matière ne date pas d’hier, d’ailleurs il n’existe pas un plastique mais des plastiques.

De plus, le mot plastique vient du grec et du latin et signifie « relatif au modelage ».

Ainsi, il semblerait que les 1ers plastiques furent utilisés par l’Homme dès l’Antiquité, seulement il ne s’agissait pas de plastiques artificiels, mais de matières naturelles possédant des propriétés plastiques : le latex, extrait des hévéas, mais aussi l’ambre, la corne…

Mais ces matières n’étaient sans doute pas assez performantes pour l’Humain, alors il s’est mis à jouer aux petits chimistes afin de produire du plastique artificiel à partir du XIXe siècle.

Petit historique…

  • 1862

    Mise au point de la Parkésine, faite de nitrate de cellulose et dotée de nombreuses propriétés (étanche, opaque, pouvant être flexible ou solide…).

  • 1870

    Création du Celluloïd, utilisé pour la fabrication des balles de ping pong et des pellicules de films. Mais étant très inflammable, il n’est pratiquement plus utilisé aujourd’hui.

    Source : Pixabay

  • 1907

    Invention de la bakélite, matière plastique légère résistant à la chaleur et excellent isolant électrique. Elle est utilisée dans la fabrication de manches de casseroles, de prises électriques, et servira une trentaine d’années plus tard pour le coffret des bons vieux téléphones de l’époque (yeah, PTT represent !).

  • 1908

    La cellophane fait son entrée, plastique souple et transparent encore utilisé aujourd’hui, notamment pour les emballages alimentaires.

  • 1933

    Début de la commercialisation du PVC (polychlorure de vinyle). Découverte accidentellement au siècle précédent, cette matière plastique possède de nombreux atouts : elle est rigide, solide, elle résiste à l’eau, à la combustion et aux UV, ainsi qu’à certains produits chimiques et acides. Elle est donc utilisée dans de nombreux domaines : le bâtiment (gouttières, canalisations, sols…), l’alimentaire (emballages, bouteilles, film alimentaire…), les loisirs (disques vinyles, jouets, pellicules photos…), etc.

  • 1935

    Apparition du polyamide qui interviendra dans la fabrication des toiles de parachutes des GI pendant la 2de Guerre mondiale, mais aussi dans celle des bas. Les polyamides sont d’ailleurs plus couramment appelés « nylon » (vous imaginez si Julien Clerc avait chanté « La fille aux bas en polyamide » ?).

  • 1945

    Commercialisation du Téflon (tétra-fluoroéthylène), utilisé notamment dans les ustensiles de cuisine antiadhésifs.

  • 1946

    Arrivée en Europe de la marque Formica (mélamine-formol) qui envahira bientôt toutes les cuisines. Moderne pour l’époque, robuste, brillant et très varié dans les motifs et les coloris, le mobilier en formica connaîtra un vif succès jusque dans les années 70, voire 80.

  • 1953

    Apparition du polyéthylène haute densité, employé dans la fabrication de flacons (cosmétiques…), bouteilles, boîtes, jerricans, réservoirs de carburant pour voitures…, et du polycarbonate, plastique très transparent et très résistant (les casques des 1ers astronautes ayant marché sur la Lune en était composé).

  • 1954

    Mise au point du polypropylène dont les applications sont multiples, notamment dans le secteur automobile (pare-chocs, tableaux de bord…), alimentaire (boîtes de beurre…), textile jetable (charlottes, masques chirurgicaux…).

    La même année, le Tergal débarque en France. Il s’agit d’une fibre synthétique en polyester, matière issue du pétrole. Le polyester est très utilisé dans le textile grâce à ses nombreuses propriétés (résistant, ne se repasse pas, ne rétrécit pas, ne se fait pas bouffer par les mites…).

  • 1969

    Alerte donnée par les biologistes Karl W. Kenyon et Eugene Kridler qui publient un article sur l’ingestion de déchets plastiques par des albatros.

  • 1972

    Publication d’un article de deux biologistes marins, Edward Carpenter et Kenneth Smith, qui constatent l’existence de concentrations importantes de particules plastiques dans la Mer des Sargasses, entre la Floride et les Bahamas.

  • 1973

    Dressage d’un constat similaire au nord de l’île d’Hawaï par l’océanographe Elizabeth Venrick.

  • 2000

    Dans cette même zone, utilisation pour la 1re fois de la désignation « 7e continent » concernant la multitude de déchets plastiques flottant sur l’océan.

  • 2016

    Interdiction en France des sacs plastiques à usage unique qu’on trouvait aux caisses des magasins.

  • 2021

    Interdiction en France d’autres objets jetables en plastique : pailles, couverts, bâtonnets mélangeurs de boissons, contenants en polystyrène, tiges pour ballons…

  • 2022 

    Prochaine interdiction des sachets de thé en plastique et des jouets en plastique distribués gratuitement dans les fast-foods. Des mesures seront par ailleurs prises pour réduire l’utilisation des bouteilles d’eau en plastique : par exemple, les établissements recevant du public devront s’équiper d’au moins une fontaine à eau.

  • 2023 

    Obligation de remplacer la vaisselle jetable en plastique utilisée dans les fast-foods par des récipients réutilisables.

Une longue histoire, n’est-ce pas ?

Vous remarquerez sur cette frise qu’il n’a pas fallu 20 ans après la démocratisation dans les années 50 du plastique dans nos quotidiens pour que des scientifiques s’inquiètent et tirent la sonnette d’alarme concernant les déchets qu’il engendre et leurs conséquences sur la faune et la flore.

Et vous remarquerez également que malgré ces alertes il a fallu près de 30 ans pour que nos dirigeants se bougent enfin le cul et commencent à interdire certains plastiques à usage unique…

30 ans pendant lesquels des milliers d’animaux et de végétaux aquatiques et terrestres sont morts à cause des déchets plastiques…

Source ici

Et puis, oui c’est bien, on se décide enfin à interdire certains objets en plastique à usage unique, mais on cherche à tout prix à les remplacer par des solutions pas forcément idéales :

  • c’est le cas par exemple des traditionnels « pochons » de caisse, et peu de temps après ceux des rayons fruits et légumes ; on les a souvent remplacés par des sacs en plastique soi-disant biodégradables mais qui, d’après un rapport publié par des scientifiques de l’université de Plymouth au Royaume-Uni, ne le sont carrément pas !

Les sacs en toile réutilisables sont une meilleure alternative pour nos courses et pour la nature, et ceux en papier restent la solution la moins pire pour le moment concernant les fruits et légumes frais, même s’ils engendrent eux aussi des déchets…

  • c’est également le cas des pailles en plastique qui pour leur part sont interdites depuis le 1er juillet. Et vas-y que je cherche des solutions alternatives avec des pailles dans d’autres matières :

– le carton/le papier. Outre le fait que boire avec des trucs pareils c’est tout sauf agréable (la paille se ramollit à rester tremper dans le liquide, c’est juste fabuleux d’avoir l’impression de manipuler du papier mâché…), on reste dans le jetable, et donc dans le déchet (tout le monde n’a pas un jardin pour composter ses déchets) ;

– l’inox. Ces pailles en acier peuvent devenir brûlantes au contact de boissons chaudes. De plus, elles sont réputées fragiles et ne sont absolument pas biodégradables, donc même si elles ne sont pas à usage unique, un jour ou l’autre elles deviendront déchets ;

– le verre. Non mais quelle idée !

kaamelott-conneries

Ces pailles sont très fragiles, imaginez-vous boire avec une paille au bord ébréché… Et puis, elles non plus ne sont pas biodégradables…

– le silicone. Donc on interdit les pailles en plastiques pour créer d’autres pailles en plastique. Cherchez l’erreur…

– le blé. Ces pailles sont 100 % biodégradables mais elles sont à usage unique, donc pas très économiques et pas 0 déchet pour quiconque ne composte pas…

– le bambou. C’est ici la meilleure alternative puisque ces pailles sont réutilisables et 100 % biodégradables. L’inconvénient c’est qu’elles laissent un goût aux boissons froides. Et puis, reste à voir leur prix et leur solidité sur le long terme, ainsi que leur fabrication (et le risque éventuel d’une surexploitation des bambouseraies — il ne faudrait pas que la demande de pailles en bambous explose et que ça fasse comme avec l’huile de palme…).

Alors, ça vaut ce que ça vaut, mais j’ai une solution 0 déchet et gratuite à proposer : au lieu de se ruiner en recherches pour mettre au point et commercialiser la paille parfaite, si on arrêtait tout simplement d’utiliser des pailles ?

Pour l’avoir déjà testé, je vous assure qu’il est tout à fait possible de boire sans paille ! Sisi ! J’vous jure ! La tête de moi ! Wesh !


Donc en guise de conclusion, à l’analyse logique de cette situation, le régime, le jogging, la liposuccion sont à tester mais il faut faire attention une fois de plus, les solutions trouvées ne sont pas les meilleures (franchement, remplacer des sacs plastiques par d’autres sacs plastiques, qu’est-ce qu’ils espéraient ?). Et, une fois de plus, en faisant chacun l’effort de se passer d’objets inutiles comme les pailles, on réduirait ce problème de déchets, biodégradables ou non…


Source de la top image : https://ipfs.koreus.com/images/QmP2xU9rK2bDvMbspDFq6fQwTY3mQ2r2z9K1gsrkCqhSiw.html

8 commentaires sur “Réflexions écolo : part three

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  1. Félicitations pour ton travail de recherche.
    Ceci dit avec le plus grand cynisme, l’industrie du plastique demeure l’une des plus lucratives qui soit. Donc toutes ces pseudo solutions ne sont que de la poudre aux yeux.
    Il n’y a qu’à voir à quel point les emballages alimentaires industriels sont friands de cette détestable matière.
    Non, non, c’est pas prêt de s’arrêter…

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  2. Bon jour,
    Diantre : « … si on arrêtait tout simplement d’utiliser des pailles ?… » eh bien, je bois toujours mon jus d’orange avec une paille …
    Et si l’on reprenait le mode consignes ? bouteilles d’eau par exemple et si l’on abandonné complètement les blister et autres emballages clinquants en couleurs ? Et si on arrêtait de fabriquer des vêtements de mauvaise qualités ? Si on était capable d’avoir une garde robe toute simple, et quelques chaussures ? Si l’on arrivait à ne pas nous narguer avec des nouvelles modes, des nouveaux concepts, avec des nouveautés du superflu, etc, etc, etc…
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

    1. Alors teste la paille en bambou 😉

      Certains supermarchés proposent les consignes, vers chez mes parents il y en a un. Tu ramènes tes bouteilles, tu gagnes de la petite monnaie (ou des bons d’achats, je ne sais plus) en échange…
      C’est plutôt sympa comme système (et ça me rappelle quand petite, j’accompagnais ma mère « à la consigne », je me demandais chaque fois quel monde se cachait au bout de se tapis roulant qui emportait nos bouteilles au goulot étoilé…

      Aimé par 1 personne

  3. Je rejoins un des commentaires précédents : quel beau travail de recherche et d’analyse. Merci pour l’article très intéressant. Mais comme je le dis toujours, il faut à chaque fois remplacer une « pollution » par une autre, dans cette vie…

    Aimé par 1 personne

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