J’ai lu… Le Siècle de Ken Follet – Tomes 2 et 3

Je suis enfin arrivée au bout de cette saga qui fait au total un peu plus de 3 000 pages !

Mais il fallait bien ça à l’auteur pour nous emmener dans 3 grands moments de l’histoire du siècle dernier (punaise, j’ai l’impression d’être une vieille quand je nomme ainsi ce XXe siècle lors duquel j’ai quand même vécu un peu plus de 18 ans de ma vie !).

Le tome 1 commençait donc avec le déclenchement de la Grande Guerre…

Le 2 a logiquement enchaîné avec celui de la Seconde (soyons optimistes pour une fois) Guerre mondiale et le 3, avec la Guerre froide…

En fait, résumé ainsi, ce siècle n’a fait qu’enchaîner les moments de merde, mais bon, comme ses prédécesseurs me direz-vous (et puis, franchement, je suis pas sûre que le XXIe soit mieux…).

Bon, on enchaîne ou je continue à blablater pendant 20 lignes comme d’habitude ?

Tome 2 : « L’Hiver du monde »

Ça raconte quoi ?

Les 996 pages de ce colosse couvrent la période 1933-1949. Nous retrouvons donc les protagonistes du 1er tome qui ont évolué, tant sur le plan personnel que professionnel, et qui doivent une fois de plus affronter un contexte difficile : montée du fascisme en Europe, 2de Guerre mondiale, bombe atomique, dictature stalinienne, conséquences de la défaite de l’Allemagne…

Bref, les pauvres n’en finissent pas d’en chier !

Pourquoi j’ai aimé

Le principe même d’une saga, c’est qu’au fil des différents tomes, on assiste à de nombreux changements dans la vie des personnages.

Ici, entre les couples qui se font et se défont pour des raisons pas aussi cuculs qu’on pourrait le croire, les naissances, les décès (les officiers d’état civil sont en PLS), les départs pour d’autres contrées, les promotions, les changements radicaux d’idéologies, etc., chaque protagoniste évolue beaucoup et c’est très intéressant car leur histoire façonne notre Histoire (ouh là, c’est beau ça, faudra que je le ressorte lors de ma prochaine soirée mondaine !).

Ils croisent sur leurs chemins des personnages historiques (Churchill, Staline, Marshall…) et collaborent souvent avec eux pour changer le cours des événements.

De plus, Follett, tout en dénonçant une fois de plus la bêtise humaine, démontre ici que certaines personnes peuvent changer, que tout espoir n’est pas perdu ; cela passe par :

  • le repentir de certains (on peut avoir été pro-Hitler dans les années 30 puis changer radicalement d’avis à la lumière des horreurs commises par les nazis et de leurs échecs successifs pendant la guerre, ou s’être consacré entièrement au communisme pour finalement se rendre compte que ce n’est pas aussi idyllique que ça…),
  • l’évolution des mentalités les plus bornées (on peut accepter l’idée que son propre fils ait eu un enfant avec une femme noire alors qu’on ne voulait pas entendre parler d’une situation aussi « scandaleuse » quelques années auparavant…),
  • l’optimisme de personnes qui pourtant se trouvent dans les situations les plus difficiles (« chouette ! J’ai réussi à vendre mon vieux meuble de famille contre une cartouche de cigarettes que je vais pouvoir échanger contre de la nourriture ! »)…

Enfin, je trouve que, contrairement au 1er tome, celui-ci se noie moins dans des longueurs : on a moins de descriptions interminables de combats, ou de romances à l’eau de rose.

Et les points faibles, dans tout ça ?

Bon, je vais une fois de plus jouer les casse-couilles, mais j’ai trouvé encore pas mal de coquilles dans ce tome (je précise qu’il s’agit encore une fois des éditions Robert Laffont). Alors je sais pas si Robert est le frère de Patrice, mais si tel est le cas, c’est honteux de laisser autant de cagades dans un bouquin alors que le frangin présentait Des Chiffres et des lettres, un jeu où il faut notamment constituer des mots à partir de lettres choisies au hasard !

Source ici

Sinon ben, toujours pareil : beaucoup de personnages, et on finit par s’y perdre et par avoir envie de dessiner un arbre généalogique dont les racines sont en Europe et dont la cime va jusqu’aux USA…

Et puis entre les couples, les maîtresses, les enfants illégitimes et tout le bazar, ça devient vite compliqué, pour un peu qu’on ait pas enchaîné les 3 tomes les uns à la suite des autres !

Pour finir, je trouve un peu dommage que parmi les personnages historiques il n’y ait pas eu De Gaulle. J’aurais aimé voir apparaître sous la plume de Follet le caractère bien trempé du grand Charles…

Enfin bref…

Pour la faire courte (hahaha, comme si j’en étais capable !), ce livre succède avec succès (jeu de mots pourri) au 1er tome, et aborde une période terrible de l’Histoire, dans laquelle on est plongé sans ménagement.

En même temps, un bouquin qui attaque direct avec 1933 en Allemagne, à quel moment tu te dis que t’es en train de lire une nouvelle aventure des Bisounours ou de Franklin la tortue ?

Bref, si vous êtes passionnés par l’histoire du XXe siècle, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Tome 3 : « Aux portes de l’éternité »

Ça raconte quoi ?

Follett nous fait vivre, à travers l’évolution de ses personnages, la période de la Guerre Froide allant de 1961 à 1989, soit de l’érection à la destruction de l’un de ses pires symboles, le Mur de Berlin, aka Mur de la honte.

Pourquoi j’ai aimé

Outre la recette qui avait déjà fait mouche dans les 2 tomes précédents (l’évolution des personnages, tant dans leurs vies que dans leurs mentalités, les rencontres parfois fortuites de personnes qui sont pourtant liées d’une manière ou d’une autre, la présence de personnages historiques comme Kennedy, Khrouchtchev, Gorbatchev, Matin Luther King, etc.), j’ai beaucoup aimé le contexte historique omniprésent dans ce tome car il s’agit de la Guerre Froide, qui est une des périodes qui me passionnent le plus en histoire (peut-être parce que j’en ai « vécu » un petit bout, notamment la chute du Mur de Berlin qui était dans tous les flash infos à la télé).

Follett a d’ailleurs ici réussi l’exploit de couvrir une période très vaste (28 ans) sans perdre le fil de son histoire ou de ses protagonistes.

Et c’est ainsi qu’on vit avec eux des événements majeurs aux 4 coins du monde, tels que :

  • la construction du Mur
  • la crise des missiles cubains
  • l’assassinat de Kennedy
  • l’évolution des droits civiques pour plus d’égalité entre Noirs et Blancs aux USA
  • l’assassinat de King
  • le Watergate
  • le Printemps de Prague
  • etc.

Tout cela est vraiment passionnant et, comme dans les 2 tomes précédents, on en apprend beaucoup plus qu’en cours d’histoire au collège ou au lycée !

J’aime également beaucoup l’habileté avec laquelle l’auteur se sert des restrictions de l’époque comme points de départs pour l’évolution de certains de ses personnages. Je pense notamment à Walli qui, sans l’interdiction par les autorités de la RDA de jouer les chansons qu’il veut, ne serait jamais devenu une pop star, ou à Vassili qui, exilé de force en Sibérie, devient un écrivain mondialement connu parce qu’il raconte justement tout ce qu’il a vécu au goulag…

Enfin, l’épilogue est juste super bien trouvé. J’avoue qu’il m’a agréablement surprise, il donne l’impression de boucler la boucle (même si on sait tous qu’il y a hélas encore des progrès à faire là-dessus mais bon, je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler).

Et les points faibles, dans tout ça ?

Bon, je ne vais pas vous ressortir les coquilles pourtant présentes également dans ce tome…

Voici ce que je reprocherais à ce 3e opus :

  • certains événements sont occultés, comme la « course à l’espace » avec Amstrong qui marche sur la Lune en 69
  • la France est absente du paysage, elle a pourtant joué un rôle dans la Guerre Froide (retrait du pays de la structure militaire de l’OTAN, visites de De Gaulle à Moscou…)
  • on a l’impression que certains passages arrivent comme « un cheveu sur la soupe », comme si l’auteur ne savait plus comment faire la transition entre plusieurs événements (le coup de la chambre pleine de photos de Kennedy, par exemple…)
  • de même, on croirait qu’il fait revenir certains personnages juste pour dire qu’il ne les a pas oubliés (Fitz notamment…)
  • enfin, chaque partie couvre elle-même plusieurs années ; or, parfois, il est difficile de savoir en quelle année se déroule telle ou telle sous-partie. Même si Follett dissémine à chaque fois des indices permettant de situer l’intrigue dans l’Histoire, il faut vraiment connaître la Guerre Froide sur le bout des doigts pour s’y retrouver par endroits !

Enfin bref…

Malgré les points faibles que j’ai cités, je persiste à dire qu’écrire un roman qui en 1 200 pages couvre une si longue période est un exploit, qui plus est lorsque ce roman est le dernier tome d’une trilogie qui nous aura fait revivre près d’un siècle entier !

Vraiment, si vous ne vous y êtes pas encore mis, je ne peux que vous encourager à lire cette saga passionnante, qui est aussi bonne pour l’imagination que pour la culture générale !

Source : buzzfeed.com

Source de la top image : http://leboudoirdevesper.fr/lecture-trilogie-siecle-de-ken-follett/

11 commentaires sur “J’ai lu… Le Siècle de Ken Follet – Tomes 2 et 3

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  1. Merci pour cette chronique, cette saga a plutôt l’air chouette.
    Et, comme tu l’écris, si ça nous permet de nous replonger dans les cours d’histoire tout en prenant du plaisir, pourquoi pas?! (d’autant plus quand on a des enfants qui vont bientôt aborder tout cela!)

    Aimé par 1 personne

    1. oui ça fait pas de mal ! 😉
      mais en lisant ce livre on a vraiment l’impression de vivre ces moments historiques, c’est bien plus passionnant qu’un cours d’histoire (et pourtant il m’est arrivée d’avoir d’excellents profs d’histoire) !

      Aimé par 1 personne

  2. J’ai lu les deux premiers tomes pratiquement à la suite puis j’ai acheté le troisième dès sa parution mais il traîne là depuis, je ne l’ai pas encore ouvert.
    Mais tu m’as presque donné envie de m’y mettre. Il manque un tout petit quelque chose encore. Bon, allez, je me le lis cette année !
    Autosuggestion hyper balaise en direct …

    Aimé par 1 personne

  3. J’ai commencé la lecture et comme toujours avec toi, le jeu des gifs dans tes textes est… mortel!

    Là, au premier.gif! je me suis pissé dessus de rire et je n’avais pas prévu la protection du soir, vessie pleine, C’est donc le siège chez les gens chez qui je suis qui a ramassé… Je n’y suis que pour la soirée/nuit, donc lorsqu’il découvriront le truc, je serai loin….

    Puis pour le second .gif, je connaissais « On n’est pas sorti des ronces » avec les variantes du genre « avoir le cul dans les ronces », etc. Le sable, je ne savais pas, mais bon, C’est la Reine Fêlée qui cause, donc dyslexie naturelle sans doute….

    Je ne lirai pas cette saga car j’en ai déjà lu une dans les années 80 et qui est purement géniale, signée Claude Michelet: « Des Grives aux Loups », « Les Palombes ne passeront plus ». Très puissant récit, à base de l’arrivée du ferroviaire dans les campagnes et de l’effet de la guerre 14-18 qui fait que les cultures en terrasses ont disparu des paysages et que nos campagnes se sont vidées de substances humaine.

    Le récit nous conduit au travers des personnages à la fin de l’agriculture et à l’abandon des dessertes ferroviaires et au gigantisme des villes telles que nous les connaissons.

    On comprend mieux, l’existence de monuments aux morts gravé de dizaines et parfois centaines de noms au milieu de hameaux totalement abandonnées sur les plateaux de Lozère, Limousin, Massif Central, Aveyron, etc. La Grande faucheuse était passée au nom des grandes familles de ces chers Maîtres de Forges, du textile, du charbon, etc. toujours à la manoeuvre de nos jours par héritiers interposés, mais de cela notre cher historien soucieux du respect par déférence et asservissement complice n’y fait point allusion, mais il livre néanmoins bien des clés de compréhension de bien des phénomènes industriels, économiques et sociaux de notre société actuelle à la dérive et en train de sombrer,

    Un très bon complément de « La Fin des Paysans » de Menras

    Bônané!
    P.S.: il n’y a que les Français pour penser que « La France » est un pays qui compte et qui a de l’influence et/ oui, qui a un jour eu un quelconque rôle dans l’histoire.., mais chut!

    Aimé par 1 personne

      1. moi qui à l’époque me moquait d’elle parce que je croyais que c’était des livres cuculs à l’eau de rose… du coup tu me donnes envie de lire ces bouquins !
        Faudra que je demande à ma mère si elle les a toujours…

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      2. Cela devrait te plaire car on y eurovision les trames de ces bouquins de Ken Follet, sinon que c’est beaucoup plus cible sur une région, c’est donc beaucoup plus élaboré par le fait de la focalisation qui met en évidence les multiples conséquences de l’effet papillon,
        Car de cette Corrèze en exemple, on peut aisément extrapoler au niveau planétaire à propos par exemple de la connerie humaine, qui fait que nous sommes bien toutes et tous frères et sœurs…

        Aimé par 1 personne

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