Les piliers de bars 2.0

Les réseaux sociaux sont une opportunité formidable pour nombre de leurs utilisateurs qui peuvent ainsi se permettre, le temps d’un échange de messages, de procéder à une reconversion professionnelle.

Ainsi, comme on l’a vu avec la crise de la covid, beaucoup d’internautes sont devenus médecins ou économistes, donnant à qui mieux-mieux leurs avis sur la chloroquine, ou sur les bienfaits ou non de la réouverture des commerces.

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Et n’oublions pas celles et ceux qui, crise sanitaire ou non, se dévoilent régulièrement (de piètres) profs, sportifs professionnels, soigneurs animaliers…

Mais il est une tendance qui ressort depuis quelques années, notamment sur Twitter (je n’ai pas de comptes sur d’autres réseaux mais je suppose que c’est la même partout) : les gens se reconvertissent en analystes de comptoir et occupent chaque journée de leurs mornes existences à fourrer leurs nez partout afin de dénicher un nouveau sujet d’analyses (comprenez par là sujet de critique ou à polémique).

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Bref, ce sont en quelque sorte des piliers de bars des temps modernes…

Ils analysent tout, absolument tout, décortiquant le moindre truc comme ils le feraient d’une crevette sur un plateau de fruits de mer à Noël.

Et franchement c’est fatigant…

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Ils vont jusqu’à s’attaquer au domaine du divertissement, passant au crible paroles de chansons, films, séries TV, émissions, sketches, etc. afin d’y procéder à leurs fameuses analyses de comptoir.

Je les imagine, ces no life, enfiler leurs képis de gendarmes de la bienpensance et scruter leurs écrans de télé à la recherche d’une parole qu’ils jugeraient déplacée, ou d’un film qui ne respecterait pas les règles édictées par la police de la pensée, pour ensuite se précipiter sur les réseaux sociaux et déverser leur bile…

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…, collant sans hésitation le suffixe -phobe ou l’adjectif « discriminatoire » à tout ce qu’ils peuvent.

Ainsi, la série Ma famille d’abord se trouve être grossophobe et discriminatoire envers les Asiatiques.

Ces analystes ont-ils vu l’épisode où la mère et la fille ont leurs règles en même temps et sont toutes 2 d’humeur massacrante ? Non parce que, je n’ai pas vu de termes du style « règlophobe » dans leurs tweets, donc je sais pas…

Personnellement, si j’ai regardé la série lors de sa toute première diffusion sur M6 à l’époque, passé l’« effet nouveauté », je l’ai vite trouvée naze, non pas pour des histoires de grossophobie ou je ne sais quoi, mais juste parce que les gags sont éculés et les acteurs en font des caisses !

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Mais c’est juste une histoire de goûts personnels, pas d’analyse de politiquement correct ou incorrect !

De son côté, la série Kaamelott, comme je l’avais déjà évoqué dans un autre article, est jugée sexiste et homophobe…

book-pictoDécouvrez ou redécouvrez :

Trop de féminisme tue la VRAIE cause féministe…

Les chansons passent elles aussi à la moulinette !

L’autre jour je suis tombée sur une conversation entre tweetos, c’est fou le nombre de tubes qui en quelques clics se sont retrouvés classés dans la catégorie « malaisants » ou « misogynes » ! Un vrai Top 50 du « politiquement incorrect » :

top50Salut les p’tits clous et bienvenue dans le Top 50 des chansons réprimées par la police de la pensée !

Et tout de suite retrouvez l’entrée fracassante de la semaine : Femme libérée de Cookie Dingler qui talonne de près Femme des années 80 de Sardou dans la catégorie « Monuments de misogynie condescendante » !

Voici maintenant la meilleure progression de la semaine : Mon fils, ma bataille de Balavoine, dans laquelle la « représentation de la mère » est jugée « un peu limite » !

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Enfin, découvrez celui qui classe 2 titres en tête du Top : Julien Clerc avec Mélissa et La fille aux bas nylon dans la catégorie « voyeurisme glauque » et « détraqué »* !

Ça me soûle ces jugements à l’emporte-pièce, d’autant que la plupart du temps ils sont dus à une mauvaise interprétation des paroles !

abracadaSi on prend l’exemple de la chanson de Balavoine, les personnes qui l’ont critiquée lors de cette conversation abracadabrantesque ont avancé comme arguments, outre celui de la « représentation de la mère un peu limite » (c’est bien connu que toutes les mères méritent la garde de leurs gosses sous prétexte qu’elles ont une chatte entre les jambes)…

book-pictoDécouvrez ou redécouvrez :

Quand la justice est vraiment aveugle

…, le fait que le narrateur « ne supporte pas une décision de justice et le fait d’avoir été quitté » et qu’il « menace de tout casser ». Mais il ne faudrait pas oublier que les 1res paroles de la chanson sont « ça fait longtemps que t’es partie, maintenant ». En fait, le père a élevé lui-même son fils et un beau jour, tu as la mère qui débarque et qui le traîne en justice pour avoir la garde du petit. Mais malgré ça, il n’a apparemment pas le droit de s’énerver, de perdre son sang froid… Ben voyons !

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… le fait qu’il se vante en disant « j’étais le plus grand ». Alors, remettons ces mots dans leur contexte, voici la phrase complète :

« Si ils savaient que pour toi
Avant de tous les chanteurs j’étais le plus grand
Et que c’est pour ça
Que tu voulais un enfant »

C’est pas le narrateur qui prétend être « le plus grand », c’est son ex qui disait ça de lui et qui voulait un enfant juste pour cette raison.

Donc c’est elle la connasse mais pour les analystes de comptoir, il n’est pas normal qu’un père qui a élevé seul son fils s’énerve contre son ex qui veut la garde et en profite pour le démolir devant un tribunal…

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*NB : les éléments entre guillemets (hors paroles de chansons) sont des copier-coller des tweets des bien-pensants. Je n’ai malheureusement rien inventé…


Enfin bref, comme vous l’aurez compris en lisant mes différents articles sur ce sujet, j’en ai ma claque du « politiquement correct » et de tous ces cons qui se prennent pour des spécialistes alors qu’ils ne sont pas même foutus de comprendre les paroles d’une chanson ou de lire ou regarder une œuvre en entier avant de jouer les piliers de bars qui passent leurs journées à juger tout ce qui passe dans leurs oreilles ou dans leur champ de vision…

book-pictoDécouvrez ou redécouvrez :

Mes articles sur le « politiquement correct »

Diantre ! Au moment où je débute l’écriture de cet article, je regarde Desperate Housewives (merci Téva) et Gaby vient de dire à Vern : « C’que vous êtes lâches, vous les homos ! », faisant basculer cette série dans… l’homophobie !

desperate-gaby-housewife

Tatata ! C’est pas une excuse !


Pour faire chier les bien-pensants, écoutons donc (jusqu’au bout, s’il vous plaît) Mon fils, ma bataille de Daniel Balavoine :


Source de la top image : https://www.mybizdaq.com/blog/how-much-is-moes-tavern-worth

10 commentaires sur “Les piliers de bars 2.0

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  1. « Salut mes petits clous  »
    J’ai pensé a nono le petit robot d’Ulysse 31 😀 c’était une référence ?

    J’avoue que je ressens peu ce genre de… Je ne sais même pas comment ça se nomme à part comme tu dis des  » piliers de bars ». Après je suis que sur fb et je ne suis pas les autres médias ou même autres infos. (Je me cache des infos négatives ^^)

    Pourquoi ils ont pas mis vive et versa des inconnus dans leur top ?
    Suis sûre qu’ils trouveraient des trucs à redire XD

    Aimé par 1 personne

    1. Non, « salut les p’tits clous » c’était la phrase de Marc Toesca qui présentait le Top 50 dans les années 80… ^^
      Je pense que ces gens n’ont vraiment rien de mieux à faire de leurs pauvres vies pour passer leur temps à éplucher la moindre oeuvre et ensuite venir clouer son auteur au pilori sur les réseaux sociaux…
      Dernièrement Friends a également été qualifée de « grossophobe » et d' »homophobe » ; alors oui yavait Monica qui était grassouillette quand elle était gamine, mais dans ces épisodes on a justement des passages où Chandler notamment fait des réflexions idiotes là-dessus et Monica explique à quel point c’était blessant pour elle…
      La grossophobie aurait été de rire de ces réflexions vexantes sans réaction derrière et hop, de passer à une autre scène !
      Quant à l’homophobie, franchement, Friends ayant été une des 1res séries US des années 90 à montrer un couple de lesbiennes qui se marient et élèvent un enfant ensemble, c’est une accusation vraiment ridicule…
      Enfin bref, les gens sont cons et on les changera pas ! :-/

      J’aime

  2. Et le débat récent sur Autant en emporte le vent alors qu’on parle d’un film sorti dans les années 30 qui en plus est adapté d’un oeuvre encore plus ancienne… à une époque où on ne se préoccupait pas vraiment de bonnes mœurs ou de ménager les personnes de couleur ><

    Aimé par 1 personne

    1. Et à côté de ça, pendant que les piliers de bars des temps modernes passent leur temps à crier au racisme sur ce genre d’œuvres, que font-ils contre le vrai racisme ? Le racisme que vivent tant de personnes aujourd’hui ? Rien, parce que c’est plus confortable de couiner devant son écran que de s’engager dans des assoc ou de signer des pétitions… -_-

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  3. C’est bien vrai ma p’tite dame ! Ce sujet est vaste et peut conduire à beaucoup de colère…
    Moi je dis toujours : tu peux te permettre de juger quand tu connais le sujet !
    Le pire est quand ces personnes disent : « on m’a dit que » et ses variantes. Et bien « on » est un con !
    Et puis je peux sortir plein de phrases, plein d’oeuvres, plein de choses de leur contexte d’origine et en dire ce que je veux.
    J’adore la chanson « comme de bien entendu » avec Arletty et Michel Simon pourtant elle est terrible. Mais cette chanson est justement le reflet d’une époque. Si tu l’écoutes avec les oreilles d’aujourd’hui, c’est sûr qu’elle ne passe pas 🙂 .
    Et puis ce qui me fait peur avec ce politiquement correct de merde c’est que l’on n’ose plus dire les choses telles qu’elles sont. Il y a un énorme risque de censure et ça ce n’est pas acceptable.

    Aimé par 1 personne

      1. Oui c’est fort dommage. Mais pour moi cela va au-delà de la liberté d’expression puisque souvent on est plus sur de la compréhension pure et dure. En fait aujourd’hui il faut donner son avis sur tout et n’importe quoi. J’appelle le syndrome de la critique. Il est plus facile de critiquer que de créer, tout simplement.
        Mais le faire sans cesse sur tout et n’importe quoi freine la création. Donc c’est très très négatif.

        Aimé par 2 personnes

  4. Y’a un truc génial quand on en a marre des gens qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas, qui ralent, qui critiquent … se désabonner, ne plus lire, passer son chemin. Ca simplifie la vie de façon merveilleuse car il y a bien plus grave dans la vie que les cons de Twitter ou autre.

    Aimé par 2 personnes

  5. Tout le monde a un avis sur tout et le grand problème avec internet et les réseaux sociaux, c’est que, sous couvert d’un anonymat tout relatif, certains se permettent de juger de tout et de rien alors que dans « la vraie vie » ils n’oseraient pas ou mesureraient un peu leurs propos. Mais c’est tellement plus facile par écran interposé.
    Après, c’est clair que tout ce qui est fait en ce moment pour rendre « politiquement correct » certaines choses me dépassent complètement : renommer les « Dix petits nègres », renommer des lycées qui s’appelaient « Colbert », accuser « Autant en emporte le vent » de racisme …

    Je me demande : en réagissant à ton article et en commentant, est-ce qu’on ne fait pas un peu les piliers de bar 2.0 nous aussi ? 😀 🙂

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