Devancer la Faucheuse

Ce vendredi 15 mars, un professeur d’école primaire, Jean Willot, s’est donné la mort, visiblement suite à la plainte pour violences aggravées déposée contre lui par la mère d’un de ses élèves chahuteurs. Selon certaines sources, l’enseignant aurait juste tiré l’enfant désobéissant par le bras, selon d’autres, il ne se serait agi que d’une réprimande verbale. Une chose est sûre : élèves, personnel de l’école et parents sont pour la plupart choqués et très tristes d’avoir perdu celui qu’ils disaient être « un prof en or ».

Alors le sujet de débat que ce fait divers m’a inspiré n’est pas la dégradation du métier d’enseignant (ce sera sans doute pour un prochain post), mais le suicide. Car j’essaie de comprendre comment on peut en arriver là, comment on peut se dire « allez c’en est trop je me tue » et passer à l’acte, quand on est quelqu’un d’apprécié et d’entouré !

Pourquoi on se suicide ?

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Source ici

C’est un peu galère pour trouver des statistiques officielles sur les raisons des suicides, étant donné que les victimes ne laissent pas toujours de mots d’adieux comme on en voit dans les séries télé, mais apparemment, d’après le site Pourquoidocteur.fr, les principales causes sont les suivantes :

  •  violences sexuelles et/ou physiques subies pendant l’enfance, ou au cours de la vie adulte ;
  • solitude (surtout chez les personnes âgées) ;
  • chômage et précarité ;
  • tabagisme et consommation chronique d’alcool.

À ces principales causes s’ajoutent la maladie et la souffrance physique, un événement vécu difficile à gérer (rupture sentimentale, perte d’un être cher…), des attentats-suicides, des conditions de travail déplorables ou des problèmes liés au travail, etc.

Le travail, c’est la santé ?

Pas sûre que les médecins pensent que cet adage soit toujours d’actualité (l’a-t-il seulement été un jour ?).

Car le travail peut engendrer des situations qui sont source d’un stress parfois extrême. C’est en effet à cause de ça que M. Willot à décidé de mettre fin à ses jours : sans doute craignait-il que sa réputation soit ruinée pour toujours et le poursuive même en dehors de sa vie professionnelle (attention : il ne s’agit là que de suppositions de ma part, je ne sais pas ce qui s’est passé dans cette cour de récré, donc je n’essaie pas de jouer les juges)…

Mais il n’est malheureusement pas le seul à être passé à l’acte pour des raisons liées à son travail.

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Source ici

Souvent, ce sont les conditions de travail difficiles qui mènent des salariés au suicide. Ce fut le cas notamment à Pôle emploi, France Telecom, La Poste, etc. Pression des chiffres, tensions avec la hiérarchie, surmenage, mobilité forcée, harcèlement, placardisation, charge de travail trop lourde…, tels sont les problèmes qui engendrent une dépression chez les salariés de ces grands groupes, les rendant parfois suicidaires.

Cependant, n’oublions pas que le secteur professionnel le plus touché par les suicides est l’agriculture : crises, endettement, les agriculteurs sont à bout.

Tout cela est plutôt inquiétant quand on sait que le nombre d’arrêts de travail pour cause de burn out augmente constamment…

D’ailleurs, en parlant de santé…

Quelquefois, les gens se suicident pour des raisons de santé.

Ceux qui, par exemple, sont atteints de maladies incurables et douloureuses, préfèrent encore mourir plutôt que continuer à vivre quelques années de plus dans des souffrances liées à la maladie ou aux traitements. Rappelons-nous Chantal Sébire, cette ancienne enseignante qui s’était suicidée après avoir demandé en vain à Sarkozy, alors président, le droit pour son médecin de lui prescrire des substances mortelles. Cette médiatisation de l’affaire a-t-elle été vaine ? Il semblerait, car plus de 10 ans après, la loi n’a pas beaucoup bougé au sujet de l’euthanasie en France, mise à part la 2016-87, mais dans laquelle il n’est question que de « sédation profonde et continue associée à une analgésie »…

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Source ici

D’ailleurs, là où les plus courageux passeront à l’acte, d’autres refuseront tout traitement qui leur ferait gagner quelques mois de vie supplémentaires au prix d’effets secondaires terribles.

Or, refuser un traitement, c’est se laisser mourir. Ne s’agit-il donc pas, ici, d’une forme de « suicide passif », pourtant tout à fait légale ?

Parlons maintenant des personnes tétraplégiques ou réduites à l’état de légumes, souvent suite à des accidents. Certaines de ces personnes, quand elles le peuvent encore, expriment le souhait d’en finir avec la vie. Pour celles qui ne le peuvent pas, c’est à la famille de décider de « débrancher » ou non le malade… Nous avons tous entendu parler du cas de Vincent Lambert, dont le sort n’est d’ailleurs toujours pas scellé à ce jour : d’un côté, des parents croyants qui refusent de laisser « partir » leur fils, de l’autre, une épouse, soutenue par d’autres membres de la famille, qui souhaite cesser ce qu’elle qualifie d’acharnement thérapeutique. Et cette bataille judiciaire dure depuis 6 ans maintenant…

Parfois les personnes anticipent ce genre de situation en signant une « abstention de traitement » (ce qu’ils appellent un « refus de réanimer » dans les séries américaines). De ce fait, si ces personnes se retrouvent dans un état de santé nécessitant une réanimation ou certains traitements, personne (ni les médecins, ni les proches) n’a le droit de les pratiquer ou de demander à ce qu’ils soient pratiqués sur elles.

Une fois de plus, nous sommes ici dans le cas où quelqu’un décide de se laisser mourir, et donc d’une forme de « suicide passif » tout à fait légale…

Pourquoi j’insiste sur ces histoires de « suicides passifs » ? Tout simplement pour démontrer combien le système est illogique en France : il est légal de se laisser mourir, mais par contre, vous pouvez souffrir le martyr sans aucun espoir de guérison, vous n’aurez pas le droit de choisir le jour de votre mort. Or, qu’est-ce que ça change qu’un malade soit en train de crever petit à petit sur un lit d’hôpital ou qu’il se fasse prescrire une dose létale de médocs pour en finir une bonne fois pour toutes ? Après tout, c’est son choix, et lui seul est le mieux placé pour savoir à quel point il souffre !

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Et puis, c’est tellement mieux de le laisser se suicider en loucedé avec les moyens du bord, quitte à se rater ou à risquer de mettre en danger d’autres personnes…

Mon avis sur le sujet

Attention je vais en fâcher certains, mais tant pis car c’est mon avis à moi, je l’assume entièrement, et d’ailleurs j’ai mes raisons.

Un acte égoïste et culpabilisant…

Pour moi, le suicide, sauf dans certains cas extrêmes (maladie, tétraplégie, solitude extrême…), n’est pas une solution. Je trouve qu’au contraire c’est égoïste, surtout quand on laisse des proches qui ne peuvent s’empêcher de culpabiliser (j’aurais dû l’écouter, j’aurais dû voir qu’il allait mal, j’aurais dû faire plus attention, j’aurais dû, j’aurais dû…). Imaginez un peu : vous êtes avec une personne, vous décidez de rompre car vous vous rendez compte que ce n’est pas l’homme/la femme de votre vie. Vous quittez cette personne en douceur et vous apprenez quelques jours plus tard qu’elle s’est tirée une balle. Comment réagissez-vous ? C’est horrible de faire peser une telle culpabilité sur une personne qui, de base, ne voulait pas forcément de mal à qui que ce soit !

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Source ici

Bref, les gens qui cumulent les soucis doivent savoir que, non, chaque problème n’a pas forcément de solution toute trouvée, mais que quand on a des proches aimants, on peut recevoir leur aide ! Et puis je ne conçois pas qu’on puisse mettre fin à ses jours sans penser aux personnes qu’on laisse derrière soi (enfants, parents, amis, amours…). Point.

Après, sachant que les personnes dépressives ont parfois des pensées suicidaires, et sachant que je n’ai jamais fait de dépression nerveuse (*touche du bois en écrivant ça*), je n’ai pas idée de ce que c’est d’être dans un tel état, donc j’en entends d’ici certains dire « ouais mais c’est facile de juger quand on sait pas ce que c’est ! ». Oui vous avez raison, mais dans ce cas, qui doit-on pointer du doigt ? Le corps médical qui n’assure pas un suivi suffisant auprès des patients sensibles ? Les responsables des dépressions (patrons tyranniques, fiancé qui décide de rompre, pote qui a incité la personne à picoler de plus en plus, etc.) ? Au bout d’un moment, cette recherche de coupables va devenir une véritable chasse aux sorcières !

Mon expérience perso

Je suis tout de même bien placée (et je ne suis pas la seule) pour savoir que se suicider n’est pas la solution à tout.

Quand j’étais petite, le compagnon de ma tante et père de ses 2 enfants s’est tiré une balle. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi, mais je lui en veux beaucoup d’avoir fait ça, car il a laissé derrière lui des proches éplorés bien sûr, et parmi eux ma tante seule avec 2 gosses en bas âge dont un handicapé mental de naissance. Quelles qu’ont pu être ses raisons, pour moi elle ne sont pas valables, il n’avait pas le droit de faire ça ! Le pire, c’est que j’étais là le jour où ma tante a reçu le coup de fil fatidique, et je n’oublierai jamais l’état dans lequel elle était, je n’avais jamais vu cette femme si forte de caractère devenir aussi vulnérable…

De plus, j’ai été également victime de chantage au suicide : il y a pas mal d’années de ça, un gars amoureux de moi que j’ai éconduit de la manière la plus douce possible s’est mis à me menacer de « prendre la carabine de son grand-père » et de « se tirer une balle dans la bouche ». C’est chouette n’est-ce pas ? Bien sûr, il n’est pas passé à l’acte, mais si ç’avait été le cas ? Je me serais sentie coupable toute ma vie d’avoir indirectement tué ce gars alors qu’à la base, je lui ai juste fait comprendre gentiment que ses sentiments pour moi n’étaient pas réciproques !

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Source ici

Vous comprenez mieux maintenant (ou pas) pourquoi j’ai un avis aussi tranché sur la question ?

La célébrité, ce fardeau…

Finissions-en avec ce sujet morbide en évoquant les nombreuses célébrités qui ont décidé d’en finir avec la vie (de toute façon à ce stade de l’article vous avez sûrement dû tous tourner les talons et me blacklister donc je pourrais même parler du parasite phylum Acanthocephala qui pousse son hôte animal à se suicider par noyade que personne ne s’en rendrait compte).

Parmi ces célébrités, citons :

Célébrité Suicide Why ?
Mike Brant* 25/04/1975 par défenestration état dépressif, solitude…
Dalida 3/05/1987, prise d’une dose mortelle de barbituriques dépression chronique, perte de nombreux proches, vie sentimentale chaotique, stérilité due à un avortement mal réalisé…
Kurt Cobain 5/04/1994, d’une balle dans la tête état dépressif, devenu accro à l’héroïne en voulant traiter ses nombreux problèmes de santé (bronchite chronique, douleurs à l’estomac…)
Michael Hutchence 22/11/1997 par pendaison dépression
Robin Williams 11/08/2014 par pendaison dépression, maladie de Parkinson, paranoïa
Bernard Loiseau 24/02/2003 d’une balle dans la tête homme bipolaire et maniaco-dépressif, perte de prestige
Pierre Bérégovoy 1/05/1993 d’une balle dans la tête au cœur de nombreux scandales de corruption, carrière et réputation ruinées
Roger Quilliot 17/07/1998, par prise d’une dose mortelle de médicaments graves problèmes de santé, notamment cardiaques
Sigmund Freud 23/09/1939, par injection d’une dose mortelle de morphine cancer

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Sources ici, ici et ici

*Aujourd’hui encore, un très gros doute plane sur les véritables raisons de la mort de Mike Brant. Était-ce vraiment un suicide ? Ne l’a-t-on pas plutôt poussé ? Ou est-il tout bêtement tombé ? Personnellement je n’ai pas de thèse toute établie, mais je ne crois pas une seule seconde au suicide…

****

Ici s’achève ce billet sur un sujet pas très joyeux mais que j’ai jugé nécessaire d’aborder, ne serait-ce que pour soulever 2 gros problèmes en France : le mal-être au travail et la question de l’euthanasie qui n’est toujours pas réglée.

Si mon avis sur ce sujet a pu en choquer certain(e)s, ce n’était pas le but, mais j’ai ressenti le besoin de le partager avec vous, parce qu’il ne faut pas oublier qu’on peut tous être touchés de près ou de loin par le suicide : ça peut arriver à un membre de la famille, à un ami, à un ex, mais aussi à un prof, à un collègue de boulot, etc. Alors, pour éviter que ce genre de drames arrive, le mieux est encore d’être à l’écoute des gens qui nous entourent.

15 commentaires sur “Devancer la Faucheuse

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  1. Bonjour, oui effectivement au sortir de mon adolescence, durant ma première année de lycée j’ai été touché de loin par cela : mon professeur de sport s’étant donné la mort en se tirant une balle ; cela m’avait pourtant choqué à l’époque car on ne s’attend pas à ce genre de choses quand on sort à peine de l’adolescence et lorsque l’on est très jeune, alors qu’on a une vie devant nous…

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  2. C’est un sujet très délicat. Pour avoir été à 2 doigts de le faire mon regard sur cet acte à profondément changé.
    Rares sont les personnes qui menacent de se suicider et qui le font. C’est soit de la manipulation soit un appel au secours.
    L’écoute de l’autre ne suffit pas toujours. Certains portent des blessures tellement profondes, un mal être tellement ancré. La présence est un plus c’est certain. Il ne faut négliger aucun signe.
    Une personne qui passe à l’acte est dans un tel état que rien ne la retient à l’instant T.
    Personne ne devrait culpabiliser (même si je conçois que c’est facile à dire) car le suicide n’est pas un acte contre quelqu’un mais la seule porte de sortie trouvée pour faire face à quelque chose qui nous échappe totalement.
    Ce n’est que mon avis. Je sais que lui aussi est difficile à comprendre. Après quand nous sommes touchés de près C’est différent aussi.

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  3. Coucou,

    Je comprends totalement ta manière de voir mais pour le coup je suis sur les deux fronts.

    Mon oncle s’est suicidé le soir de Noël quand j’avais 15 ans. Il a laissé une famille très marquée par son départ aussi violent. (Cogner sa tête contre un mur avant de sauter d’un pont a côté de son meilleur pote, c’est lourd comme situation.) J’ai aussi retrouvé mon frère suite à une tentative. Je me suis occupée de lui. Donc je connais le sentiment après un suicide. Je sais la douleur et l’impact que cela a sur soi et sur une famille.

    Cependant suite aux attentats, il y a eu et il y en aura encore, des moments où j’en pourrais plus. Se battre contre des angoisses, contre des réactions physiques de mon corps que je ne dirige pas, contre l’administration, contre le sommeil qui manque plus que tout, bah c’est lourd a porter. Surtout comme tu dis que l’état n’est vraiment pas a l’écoute. On se sent abandonné. Je me suis sentie vraiment seule en 2017 quand ma psy était en congé maternité et je demandais de l’aide a tout le monde sans retour de qui que ce soit.
    Quand on en peut plus on essaye de trouver des solutions pour apaiser les symptômes. On fait comme on peut.
    Pour ma part, si la solution est le suicide c’est que j’ai essayé de faire tout ce que je pouvais mais que j’en peux plus. C’est pas comme si je ne faisais rien. Je suis suivie, j’ai des médicaments aux plantes pour apaiser mes nuits, j’ai un suivi médical pour mes problèmes de sommeil et je vis à côté. Et c’est pas comme si je ne demandais pas de l’aide. Donc si un jour ça devait arriver (ça risque pas..) c’est que je suis à bout de mes forces physiques et mentales.

    Voilà 🙂 j’espère que je ne t’ai pas saoule ou énervé par mes propos 🙂 j’ai vraiment pris la propre expérience et tout ça dépend de beaucoup de choses.

    Bisous snee ♥️

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    1. Aucun souci, comme je l’ai dit à Marie, je trouve normal qu’on ait tous des avis différents sur ce problème épineux !
      En tout cas tu es la preuve que le suivi n’est absolument pas suffisant en France pour les personnes qui ont vécu des événements traumatisants, c’est absolument pas normal que personne (je parle de professionnels de la santé mentale) n’ait été là pour te tendre la main quand ta psy était en congés !

      Courage et plein de câlins virtuels de réconfort !

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  4. Pour nager en plein dedans depuis deux mois j’avoue ne pas savoir. Peut-être d’ailleurs que ne pas savoir s’il s’agit d’un suicide ou pas est pire que le geste…
    Je peux comprendre le suicide, l’envie d’en finir. Je peux comprendre que parfois on espère que c’est la meilleure solution.
    J’y ai déjà pensé mais moi je me laisse mourir. Je sais ce que c’est que la dépression et la détresse.
    Je n’ai jamais pressé la détente et la vie m’a montré que le soleil revient souvent mais des fois est-ce que tout quitter n’est pas la solution quand le cerveau n’en trouve pas d’autres? Je ne sais pas.
    Et là je me tiens debout devant des pierres tombales en me disant que j’ai pas vu/su/pu aider et c’est le pire… Rester…

    Aimé par 2 personnes

    1. C’est bien là le problème : « en me disant que j’ai pas vu/su/pu aider et c’est le pire ». Ça va paraît brut ce que je dis mais la personne suicidée est morte, elle n’a plus ses soucis, mais par contre les proches encore vivants, eux, en ont à leur tour à culpabiliser et se poser plein de questions…
      Et rien que pour ça je ne pardonnerai jamais à mon oncle son geste… Je trouve ça limite trop facile de partir et de laisser des gens se démerder après ça ! Ma tante, elle, elle ne s’est pas dit « moi aussi j’en ai marre de tous ces problèmes, je me tue », non, elle est restée, elle s’est montrée forte devant ses 2 enfants malgré son chagrin, et aujourd’hui elle continue à gérer sa vie du mieux qu’elle peut…

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  5. Une immense problématique qui mériterait des millions de livres…
    C’est intéressant d’avoir ton avis sur la question 🙂
    J’ai pour ma part été confrontée plusieurs fois au suicide au cours de ma vie, il y a eu mon père qui nous faisait des menaces juste pour nous culpabiliser d’avantage; l’année dernière, un copain qui a sauté le pas, mais aussi l’oncle d’une amie qui s’est littéralement laissé mourir. Pour ce qui est de mon copain, ses proches ont largement accepté ce choix – toute la fin de sa vie n’aura été que grande détresse mentale, souffrance et incompréhension. A l’enterrement, son papa s’est dit soulagé de le savoir libéré, d’une certaine manière. Pour ce qui est de l’oncle de mon amie, elle lui en a énormément voulu, à tel point que ça a déclenché une fibromyalgie chez elle. Quelques jours après son dècès, nous avons beaucoup discuté et je lui avais dit que malgré le fait que son geste n’excusait pas toute la souffrance, s’il était égoïste qu’il ait plongé ses proches dans le désarroi, il était tout aussi égoïste de le forcer à vivre une vie dont il ne voulait plus – nous en avons conclu que finalement, la vie n’était qu’une longue suite d’égoïsmes qui se rencontrent – en analysant la chose de la manière la plus neutre possible (pour moi, le mot ‘égoïsme’ n’est pas forcément négatif). Je fais partie du camp qui croit qu’on devrait pouvoir choisir sa mort en toute circonstance, mais je trouve très bien qu’il y ait d’autres avis sur le sujet. C’est sain ! En tout cas, c’est très courageux de ta part d’avoir pris position sur un tel sujet et d’avoir livré ton ressenti !
    Pour le cas du suicide au travail, je n’y vois que des méthodes de management mortifères qui devraient être interdites sans plus tarder. Et on a beau demander aux salarié.e.s de signaler toute suspiçion de burnout chez un collègue (ce que j’ai fait il y a quelques semaines à peine), on écoute rarement ces signalements. En espérant que ça bouge ces prochaines années…
    Pour ce qui est de l’euthanasie, je suis à 100% d’accord avec toi, on nage en pleine hypocrisie collective et il est temps qu’il y ait une législation cohérente sur le sujet.
    Merci pour ce bel article en tout cas !

    Aimé par 1 personne

    1. Et merci pour ton avis ! 😉

      Si j’ai lancé ce sujet de débat c’est aussi pour avoir les avis d’autres personnes, pour mieux comprendre ce qui se passe dans la tête de ceux qui veulent en finir avec la vie…

      Quant à signaler les burn out, ça me fait « doucement » rigoler : une collège est revenue d’un congé maladie de + d’un mois pour cause de problèmes de santé liés au stress au travail. Elle a passé sa visite médicale de reprise en étant 100 % honnête avec le doc du travail (pourquoi cet arrêt ? pourquoi tout ce stress ? etc.), mais la doc lui a dit qu’en gros la médecine du travail ne peut pas faire grand chose, le seul moyen pour que les choses bougent par rapport à nos connards de dirigeants serait d’aller jusqu’aux prud’hommes et compagnie… Donc bon, on est loin d’une véritable prise en charge du mal-être au travail ! :-/

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