Quand la nature doit s’adapter aux conneries de l’Homme

Le saviez-vous ? Il existe depuis le siècle dernier un débat entre scientifiques (biologistes, géologues, climatologues, etc.) pour savoir si oui ou non, on peut officiellement considérer que la planète est entrée dans une nouvelle ère, celle de l’Anthropocène.

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Source ici

L’Anthropocène, c’est « l’âge de l’Homme », c’est-à-dire une nouvelle ère dans l’histoire de la Terre qui a débuté lorsque l’être humain, de par ses activités, a commencé à avoir un impact global significatif sur l’écosystème de la planète (changements climatiques et tout le toutim).

Même si cette notion n’a pas encore été officiellement validée en tant qu’ère par l’ensemble de la communauté scientifique, on ne peut pas nier que nous sommes en plein dedans. L’Homme, à vouloir s’imposer par tous moyens sans réfléchir aux conséquences, à ne penser qu’à sa gueule avant de penser à celles des autres bestioles qui peuplent la planète, à être obsédé par le fric, la rentabilité, le pouvoir, la technologie et tout le bordel qui va avec, a fini par laisser son empreinte sur la Terre et tout son écosystème. Et à l’inverse de l’empreinte de pas discrète et sans conséquences laissée par Armstrong sur la Lune en 69, celle-ci est dégueulasse et destructrice.

Cette trace de pneu indélébile, il l’a imprimée sur le sol terrestre par plusieurs biais, forçant la nature à s’adapter pour survivre :

L’urbanisation intensive

Vous le savez sans doute, nos ancêtres préhistoriques avaient un mode de vie nomade : ils ne restaient jamais longtemps dans le même abri sous roches, se déplaçant au gré des saisons pour suivre les troupeaux d’animaux qu’ils chassaient.

Et puis, vers 12500 avant JC, ils en ont eu marre de vivre comme des gitans (ou alors ils ont trouvé suffisamment de nourriture sur place pour ne plus avoir à bouger), et ont commencé à se sédentariser et à devenir agriculteurs, bâtissant pour y vivre des maisons en pierre, puis en briques. Les premiers villages étaient nés, et ceux-ci allaient se développer, devenant des villes. L’urbanisation intensive (et ses conséquences néfastes sur la nature) était en marche.

Qui dit urbanisation dit :

  • recul des espaces naturels. Pour se faire plus de place, les humains déforestent, goudronnent, envahissent tous les coins habitables du globe. Ils empiètent même sur l’océan avec leurs polders (photo) ! Par conséquent, faune et flore voient leurs habitats naturels diminuer de façon dramatique, et sont du coup en déclin ;
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C’est beau, et puis ça fait tellement… naturel (source ici)
  • adaptation forcée des espèces : certains animaux ont réussi à survivre dans les villes, mais pour cela, ils ont été obligés de s’adapter à la vie citadine et à la présence humaine, comme les lézards dont les pattes se sont allongées, leur permettant de courir plus vite pour échapper aux nouveaux dangers (voitures…). D’autres animaux sont devenus plus gros : c’est le cas des araignées en Australie,
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    Source ici

    qui ont plus d’insectes à se mettre sous la mandibule, ceux-ci étant attirés par l’éclairage nocturne des villes ; sous nos latitudes, les moineaux (photo) ont eux aussi pris du poids, à cause de tous les restes de malbouffe humaines qu’ils se mettent dans le bec. Ceci a bien évidemment des conséquences néfastes sur leur santé…

La pollution

Oui, je sais, c’est un scoop digne de BFM : l’Homme pollue.

Cette pollution se fait sous des formes multiples (pollution des sous-sols et des océans avec des déchets, des produits toxiques…, pollution de l’air avec le rejet de gaz nocifs, etc.). Bien entendu, cette pollution a des conséquences sur la planète et sur les espèces qui la peuplent :

  • développement des espèces invasives : conséquence de la pollution atmosphérique, le réchauffement climatique profite à ces espèces, introduites volontairement et directement ou non par l’Homme. Du côté de la flore, certaines plantes ont avancé leur date de floraison, envahissant des périmètres toujours plus vastes au détriment des espèces qui n’ont pas su s’adapter (exemple en photo de la berce du Caucase,
    berceducaucase
    Source ici

    qui prolifère aux USA et dont la sève est toxique, car elle rend photosensible par simple contact). La faune est elle aussi concernée : la fourmi d’Argentine en est un exemple parmi d’autres. Ses super colonies sont en train d’envahir l’Europe dont le climat leur convient de plus en plus, détruisant au passage les espèces myrmécéennes locales.

  • adaptation forcée des espèces : dès le 19e siècle, on a observé un changement chez certains animaux vivant
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    Source ici

    dans les villes où la révolution industrielle battait son plein. L’exemple le plus célèbre est celui du phalène du bouleau (photo) : ce papillon, qui est habituellement de couleur claire pour se camoufler sur l’écorce des bouleaux, est devenu noir en ville comme les troncs de ces mêmes arbres qui se sont retrouvés couverts de poussière de charbon. Autre exemple d’adaptation, cette fois-ci due aux changements climatiques : les scientifiques ont découvert que la taille du renard polaire d’Islande a diminué. Cette réduction de gabarit est due à l’augmentation des températures (la grosseur étant un gage de résistance au froid) et est également une conséquence de la raréfaction des proies de ce canidé (une fois de plus à cause du réchauffement). Enfin, de récentes études tendent à démontrer que la multiplication des attaques de requins (par exemple aux USA ou à La Réunion) serait due au réchauffement des océans, permettant aux squales d’étendre leur habitat, ceux-ci étant frileux de nature.

Le braconnage, la chasse

Par ces pratiques idiotes, l’humain procède à une destruction directe des espèces :

  • la chasse (pas le loisir, même si on sait ce que j’en pense, mais la pratique qui
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    Source ici

    consiste à empêcher les animaux sauvages de s’en prendre aux élevages), autrement dit « non-seulement-je-détruis-ton-lieu-de-vie-pour-installer-mes-activités-humaines-mais-en-plus-je-te-tue-si-t’as-le-malheur-de-remettre-une-patte-sur-ce-territoire-pour-te-nourrir », a entraîné la disparition totale de sous-espèces (loup d’Hokkaido…) et même d’espèces entières (photo : thylacine en Australie…).

  • adaptation forcée des espèces : on sait tous que le braconnage est un véritable désastre pour plusieurs animaux, au nom de leitmotivs chers à l’Homme : l’argent (ivoire, fourrure…) et les croyances débiles (ailerons de requins pour la médecine chinoise…). L’une de ses victimes les plus
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    Source ici

    tristement célèbres est l’éléphant d’Afrique, dont les immenses défenses attisent les connards les plus avides de pognon. Une conséquence de ce braconnage sur cet animal, et que les scientifiques ont constatée depuis plusieurs années, est le nombre grandissant de naissances d’éléphantes sans défenses (photo). En effet, l’espèce semble être en pleine adaptation génétique afin de ne plus être pourchassée par l’Homme. Malheureusement, si la nature avait doté les pachydermes de telles quenottes, ce n’était pas pour rien (car la nature ne fait pas les choses au hasard) : ces immenses incisives leur servent de moyen de défense, mais aussi d’outils pour se fournir en nourriture (fouir le sol à la recherche de racines, décrocher l’écorce des arbres, etc.). On ne peut donc que s’inquiéter des conséquences, sur le long terme, de cette adaptation pour les spécimens qui vivent encore à l’état naturel…

Le jeu du petit scientifique

Enfin, voici un dernier point non négligeable qui démontre que l’Homme se prend vraiment pour le roi du monde et qui a des conséquences sur les espèces présentes sur Terre : le jeu du scientifique en herbe auquel il se prête de plus en plus.

En effet, non content de faire pousser des oreilles sur des souris qui, précisons-le, ne lui ont rien demandé, il tente de créer, par le biais de croisements, voire de mutations génétiques forcées, des espèces animales et végétales au seul et unique nom de la rentabilité (oui, je sais, c’est lassant, on en revient toujours au même point : le fric) :

  • modifications d’espèces animales : citons l’exemple des vaches laitières : la majorité du cheptel français serait de race « Prim’holstein ». Ces animaux, à force de sélections pour être toujours plus rentables, plus producteurs, sont devenus incapables de survivre sans l’aide de l’Homme. En effet, rares sont les vaches de cette espèce qui parviennent à mettre bas seules, sans l’assistance des éleveurs qui doivent tirer les
    bleublancbelge
    Source ici

    pattes du veau pour l’aider à sortir. Les voies génitales de ces vaches sont devenues de plus en plus étroites et les veaux de plus en plus gros. CQFD. Et bravo les gars. Parlons également de la race bovine Blanc-bleu-belge (photo), fruit de divers croisements qui ont abouti à un animal difforme, avec un arrière-train disproportionné (JLo peut aller se rhabiller). Jackpot pour les éleveurs, cette race tout en muscle et donc tout en viande étant hyper rentable pour eux. Pas jackpot pour les vaches, qui ne peuvent vêler autrement que par césariennes.

  • modifications d’espèces végétales : impossible de ne pas évoquer ici le fameux maïs OGM : créé pour être résistant aux insectes (donc les insectes, démerdez-vous pour trouver une
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    Oh mon dieu, un asticot qui ose se nourrir ! Vite, créons un maïs mutant pour éviter ça ! (source ici)

    autre source de nourriture, z’avez qu’à aller voir dans la forêt… ah non merde, on l’a enlevée pour faire une autoroute) et, comble du comble, aux herbicides, donc aux saloperies chimiques que l’Homme a lui-même créées ! Le souci, c’est que nos organismes, eux, ne résistent pas à ces substances toxiques, donc si le maïs OGM en porte sur lui sans que ça l’affecte, cela signifie qu’il va atterrir dans nos assiettes, toujours imprégné de ces saloperies… Là je dis : merci la science ! Il ne reste donc plus aux savants fous qu’à créer des humains génétiquement modifiés pour résister aux pesticides…

  • adaptation forcée des espèces ? Je suis prête à parier qu’à plus ou moins long terme, les insectes s’adapteront pour pouvoir attaquer les maïs OGM, et que ces mêmes maïs, à trop se prémunir contre les agressions chimiques, finiront par devenir moins résistants aux maladies naturelles (bactériennes, fongiques, virales, etc.).

****

Tout ça pour dire que je suis effarée de constater que l’humain continue ses saletés alors qu’il ne peut plus faire celui qui ne sait pas, mais surtout, de voir que la nature, contrainte et forcée, s’adapte à tout ça pour tenter de survivre tant bien que mal, mais avec les conséquences néfastes qu’on connaît…

L’élément déclencheur de cet article fut la lecture, dans un magazine, d’un article scientifique sur les éléphantes qui naissent sans défenses. En fait, on constate que la nature préfère diminuer les systèmes de défenses des animaux contre les prédateurs naturels afin d’augmenter leurs chances de survie face à l’Homme ! On en est arrivé à un point vraiment aberrant ! Bientôt, les bébés phoques naîtront sans la fourrure qui les protège du froid, la nature préférant augmenter leur mortalité face aux éléments naturels pour la diminuer face aux humains… (et puis de toute façon, avec le réchauffement climatique, auront-ils encore besoin de tous ces poils ?)

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16 commentaires sur “Quand la nature doit s’adapter aux conneries de l’Homme

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  1. Coucou !
    L’homme essaye de sauver la planète (on va dire ça comme ça ) mais faut pas oublier que c ‘est aussi l’homme qui l’a détruite. Ce matin je lisais un truc sur le réchauffement climatique qui voit apparaître de nouvelles espèces dues à la migration des ours polaire…. Croisement d’ours polaire et d ours brun… Enfin la planète, un moment donné va exploser et nous retournerons poussière… C’est malheureux de voir ça !

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    1. C’est sûr ! Et puis, malheureusement, seuls certains hommes essaient réellement de sauver la planète, beaucoup d’autres prononcent de beaux discours mis ne font rien de concret (ou pire : privilégient les lobbys industriels avant tout)…

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      1. Si seulement tout le monde pourrait faire un petit pas… mais les gens en ont rien à f….. ! Ils sont nombrilistes et ne s’occupent que de leur propre face.
        J’habite en bord de mer et un jour nous avons étés avec les enfants dans les dunes pour y passer une journée… Impossible d ‘y rester des monticules de déchets sacs poubelles et en repartant deux gonz dans une clio, les bouteilles d’eau étaient surement de trop dans la voiture et Hop par la fenêtre ! J’ai pris une photo, mis sur les réseaux sociaux ! qui qui qui s’est fait envoyer chier comme de la m…. C’est Bibi !

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  2. Ton article est vraiment très intéressant, et tristement vrai sur tous les points.

    Malheureusement, nous sommes aujourd’hui trop ancrés dans notre société moderne, matérialiste, obsédés par notre confort et surtout notre argent, aux dépens de tout le reste. Même si beaucoup de citoyens font des efforts, et essaient d’améliorer les choses, il y aura toujours des points sur lesquels nous seront impuissants.
    Quand on nous culpabilise en nous disant « Vous, citoyens, vous polluez trop avec vos voitures, prenez vos vélos! » et que ceux qui nous le disent continuent à rouler avec je ne sais combien de véhicules, ayant plusieurs chauffeurs, prenant des jets ultra-polluants pour se rendre à quelques kilomètres, etc… C’est qu’il y a réellement un problème (c’est juste à titre d’exemple).
    L’argent est devenu plus important que tout, le profit, le pouvoir, comme tu l’as dit. Mais à quoi tout cela servira lorsqu’il sera trop tard ? L’argent ne nous sauvera jamais de l’inévitable. Mais c’est à croire que certains s’en balancent, ou ne s’en rendent pas réellement compte.

    Ce qui est révoltant, c’est en effet d’assister au déclin de certaines espèces animales (entre autres) qui n’ont rien demandé, qui ne font que subir (et je ne préfère même pas aborder la cruauté humaine gratuite. Comment une espèce qui ne respecte même pas ses semblables pourrait respecter toute autre forme de vie?).
    Nous nous sommes bien trop éloignés de nos « sources », de notre vie simple et initiale (et on appelle cela « progrès » ou « évolution » alors que j’appelle simplement cela « destruction »), et je sais que mon discours paraîtra pessimiste, mais il est désormais trop tard pour revenir en arrière…

    Bien entendu, je ne dis pas que certaines avancées (ou recherches) ne sont pas intéressantes ni utiles, évidemment il y en a beaucoup. Certains œuvrent pour le véritable progrès, mais au final, seuls les plus puissants ont le pouvoir de faire réellement et complètement changer les choses, à mon sens (je salue néanmoins toutes les personnes qui font de gros efforts dans leur quotidien, des bonnes actions,…). Mais tant que la destruction rapportera de l’argent, alors ne comptons pas là-dessus…

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci pour ton commentaire !
      Je suis d’accord avec toi concernant certaines avancées, malheureusement il y aura toujours des connards tout puissants pour les détourner de leur utilité 1re et en faire une énième arme, ou un énième moyen d’augmenter la rentabilité etc.
      Et puis, on le sait tous : ce sont les lobbys qui mènent la danse. Face à eux, nous, citoyens lambda, ne pouvons rien malheureusement…

      Aimé par 1 personne

    1. Je suis bien d’accord là-dessus !
      D’autant qu’on a créé nous-mêmes un cercle vicieux dont on n’arrive pas à sortir : oui le progrès scientifique, c’est bien pour guérir le cancer, mais pourquoi l’homme est-il de plus en plus victime de cancers ? à cause de la pollution, des saloperies qu’il mange, boit, fume, etc. Donc en gros, il faut un progrès pour enrayer quelque chose que ce progrès a provoqué indirectement…

      Aimé par 1 personne

  3. La planète est malade de l’Humanité et ses réactions ces derniers temps montrent qu’elle le sait et qu’elle lutte pour sa survie…
    Je ne sais pas si tu as déjà écouté « Plus rien » des Cowboy Fringants…

    Aimé par 1 personne

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