Faire le parcours du combattant, c’est tout un art !

Do you remember ? Dans ce post, je vous expliquais qu’après ma courte expérience au service du perso du CCAS, une nouvelle idée d’orientation avait germé dans ma ptite tête : devenir assistante en ressources humaines.

J’évoquais également le fait que j’allais ainsi devoir repasser par la case formation pour cela, et que ça allait être un véritable parcours du combattant pour moi.

Parcours du combattant, c’est peu dire… J’avais l’impression parfois d’être prisonnière d’un labyrinthe sans issue, ou d’être Hercule effectuant ses 12 travaux (quoique, lui au moins il a atteint son but…).

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Youhou ! C’est où la sortie ?

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Retenter l’alternance…

Ne croyez pas que je sois maso au point de me replonger dans l’alternance la tête la première, comme ça, sans réfléchir, sans repenser à ce qui m’était déjà arrivé concernant mes tentatives de décrocher un contrat de qualif pour faire de la vente en librairie quelques années auparavant !

Mais après avoir exploré le peu de pistes qui s’offraient à moi, surtout concernant des formations rémunérées et non pas payantes, je me suis décidée à pousser les portes d’un centre de formation en alternance qui proposait notamment une licence pro assistante RH en 1 an. Cette voie semblait à 1re vue idéale pour moi : j’avais le niveau requis et je pouvais ainsi me permettre de viser plus haut qu’un bac +2, ce qui ferait peut-être la différence sur un CV par rapport à un BTS. De plus, il serait moins contraignant pour un employeur de me former 1 an plutôt que 2.

J’ai donc assisté à l’une de leurs fameuses réunions d’information, où le gars nous a démontré par A+B que c’était facile de trouver un employeur en alternance : il fallait compter sur son… réseau. Et à la question « oui mais quand on connaît pas de gens haut placés ? » il répondit qu’il fallait compter sur tout son réseau, càd les anciennes relations professionnelles, les relations personnelles, sans oublier les relations de nos relations… En gros, fallait trouver quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un…

Bref, après cette réunion, j’ai commencé à prospecter (sans me servir du réseau vu que je ne connais pas quelqu’un qui connaît quelqu’un etc.), en voyant hyper large et en remplissant, en bonne élève que je suis, le tableau de candidatures qui nous avait été fourni.

Je ne sais plus combien d’entreprises ont alors reçu mon CV et ma lettre de motivation, mais ce tableau de plusieurs pages était entièrement rempli ! Et tout ça pour quoi, je vous le donne en mille : que des refus, sauf une entreprise dans laquelle j’ai mis tous mes espoirs : Renault.

Alors que je m’étais fait violence pour m’emparer du téléphone et relancer les entreprises, j’ai eu la bonne surprise, en rappelant ce concessionnaire, de tomber sur l’assistante RH herself, toute enthousiaste, qui était vivement intéressée par ma candidature. Yes ! Elle m’a expliqué que la décision finale ne viendrait pas d’elle mais de la direction, et que du coup, il fallait d’abord qu’elle ait l’accord de ses supérieurs, mais qu’elle ne manquerait pas de me recontacter dès qu’elle aurait des news.

Comme j’étais contente, comme j’étais soulagée, comme j’étais… naïve de croire que ce contact allait aboutir à quelque chose de positif !

yeah

Sans nouvelles de la nana au bout d’une semaine, j’ai rappelé, mais sans y croire : pour moi, si ç’avait été bon, elle m’aurait rappelée direct. Pour une fois, mon intuition fut la bonne : « ah j’allais justement vous appeler [ben voyons…], malheureusement le directeur financier a dit non… ».

Eh ben, si j’avais besoin d’une preuve supplémentaire qu’en alternance, les + de 25 ans ne trouvent pas d’employeurs uniquement pour des histoires de fric, et non pas parce que leurs candidatures sont bancales, là j’en avais une belle !

Suite à ça, j’ai eu un rendez-vous avec une bonne femme du centre de formation qui m’a dit qu’en effet, à mon âge, ça risquait d’être compliqué (non ! J’avais pas remarqué dis donc !).

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Elle m’a donc proposé de faire la même formation mais via un autre dispositif : des genres de stages mais au même rythme que l’alternance, par contre bien sûr, rémunérés comme des stages, donc avec des boutons de culottes quoi.

Franchement j’ai vu rouge : parce qu’avec un loyer, un enfant à charge, j’allais devoir suivre une formation au même rythme que des gamins qui vivaient encore chez papa-maman mais qui, eux, toucheraient un pourcentage du SMIC, soit beaucoup plus que moi ???

Euh, ya pas un problème, là ???

Du coup je n’ai jamais refoutu les pieds dans ce centre.

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Espérer après une nouvelle mesure gouvernementale…

Nous étions en 2010, et je désespérais, ne trouvant aucune piste pour me former sans avoir à raquer au moins 1 000 euros, et étant depuis quelques temps déjà en fin de droits au chômage (je ne vivotais que grâce aux quelques CDD que je décrochais par-ci par-là, mais qui n’étaient pas suffisamment longs pour m’ouvrir d’autres droits)…

La providence a fait que cette année-là, le Gouvernement eût pondu une énième mesure pour aider les chômeurs à se former. Le « plan de rebond pour l’emploi », qu’ils avaient appelé ça ! Un nom plein de promesses, n’est-ce pas ?

Ce plan, dont vous trouverez des détails dans cet article de l’Express, s’adressait justement aux demandeurs d’emploi qui étaient en fin de droits et n’avaient droit à aucune autre alloc, exactement comme moi quoi. Il leur permettait d’avoir accès à des formations rémunérées ! C’était donc exactement ce qu’il me fallait !

douche.gifJe me suis donc pointée au Pôle emploi pour demander à bénéficier de ce dispositif.

Et là, ce fut la douche froide : « ah mais Madame, vous y avez pas droit, parce qu’il faut être en fin de droits depuis le 1er janvier 2010, or vous vous l’êtes depuis 2009… »

Et donc, on me refusait un dispositif pour m’aider alors que j’étais en galère depuis plus longtemps que les chômeurs en fin de droit cette année-là !

Non mais c’est quoi cette logique ???

Franchement ce jour-là j’ai cru que j’allais pleurer tellement je n’en pouvais plus de tout ça… Devant mon désespoir évident, la nana de l’accueil, compatissante, m’a pris un rendez-vous en urgence avec ma conseillère car il fallait absolument que je trouve une solution.

****

Refaire une prestation Pôle emploi (au point où j’en étais de toute façon)…

Ma conseillère n’a su me proposer comme solution que de m’inscrire à une nouvelle prestation : « Trajectoire emploi ».

C’était un genre de Cible emploi, mais en plus long et plus renforcé.

J’ai accepté, car entretemps j’avais décroché un CDD dans un magasin de sport qui allait me rouvrir enfin de nouveaux droits au chômage.

J’ai dû repousser la prestation car j’ai également trouvé un CDD dans un magasin de jouets pour la fin d’année (les affaires reprenaient), et j’ai donc commencé Trajectoire emploi en début d’année suivante.

Je suis tombée sur une conseillère super sympa (décidément, j’avais de la chance pour ça), qui m’a aidée à refaire mon CV de façon thématique et non plus chronologique, afin de mettre plus en valeur mes compétences en administratif, et à mieux connaître mes possibilités de formations rémunérées.

Et le meilleur dispositif dans mon cas, c’était le CIF CDD.

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Meuh non pas le détergent !

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Penser avoir droit au CIF CDD…

Le CIF (Congé individuel de formation), ça permet de suivre une formation choisie parmi une liste très longue et d’être rémunéré par l’OPACIF. Et la licence pro d’assistante RH que je voulais faire figurait justement sur cette liste…

Pour avoir droit au CIF quand, comme moi à cette époque, on enchaîne les CDD, il faut remplir les conditions suivantes :  justifier d’une activité salariée de 24 mois (consécutifs ou non, quelle que soit la nature des contrats de travail successifs) au cours des 5 dernières années, dont 4 mois, consécutifs ou non, en CDD, au cours des 12 derniers mois.

Il ne me manquait qu’environ 1 mois pour avoir droit à ce dispositif.

Mon nouvel objectif fut donc de décrocher le CDD manquant pour pouvoir enfin faire cette foutue licence pro. J’ai donc postulé dans tous les magasins possibles et imaginables afin de décrocher ce contrat, mettant de côté mon aversion pour les clients et pour le côté mal considéré du métier de caissière.

Et ce CDD, je l’ai eu ! Dans un supermarché pas trop loin de chez moi en plus, et sur plusieurs mois, donc d’une durée encore plus longue que nécessaire ! Aucun risque donc que j’aie mal calculé le nombre de mois travaillés et qu’on me dise « non vous avez pas droit au CIF il vous manque une semaine ».

Une fois le 1er mois de CDD terminé, j’ai donc bien tout recalculé pour être sûre que je ne me trompais pas et appeler l’OPACIF pour savoir comment m’y prendre.

phoebeUne sonnette d’alarme a alors retenti dans ma tête : j’avais bien les 24 mois de CDD, mais ils s’étalaient sur 5 ans et… un mois ! Or il faut avoir bossé 24 mois sur 5 ans pour avoir droit au CIF… Et même si j’avais attendu la fin de mon CDD (soit quelques mois supplémentaires) pour faire ma demande, c’était mort quand même, car, 5 ans pile auparavant, j’avais connu ensuite une période de chômage, donc je n’aurais quand même pas les fameux 24 mois sur ces 5 ans…

Ayant vu sur le net que certaines régions accordaient des dérogations quand on était pas loin du compte, j’ai appelé l’OPACIF pour savoir si c’était le cas chez moi. Eh ben non, bien entendu, ç’aurait été trop beau !

Me voilà complètement déconfite… ce n’était pas possible, il y avait une malédiction qui planait sur moi !

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Compter à nouveau sur l’AFPA…

Que me restait-il alors comme formation rémunérée dans le domaine des ressources humaines, qui plus est dans ma région ?

L’AFPA ? Certes, celle-ci proposait bien des formations pour devenir assistante RH, mais soit ces formations étaient réservées aux militaires en reconversion, soit une expérience de 6 mois minimum dans le domaine visé était exigée…

Alors déjà, les militaires en reconversion, en quoi ils ont besoin de formations rémunérées pour trouver du boulot dans le civil ? Mon beau-frère s’est reconverti sans difficulté après l’armée, il n’a pas eu besoin qu’on lui paye une formation pour ça, et quand bien même, avec sa retraite de gradé, il n’avait pas besoin, financièrement, de retrouver un boulot tout de suite !

De plus, quand on veut se former à un métier, c’est en général dans le but de se reconvertir. Alors il faudra qu’on m’explique en quoi c’est logique d’exiger 6 mois d’expérience dans un métier pour lequel on souhaite se former…

Désespérée comme j’étais, et ne souhaitant plus refaire de caisse, je me suis donc résignée, une fois de plus, à renoncer à mon projet, et à mettre en application le proverbe « Faute de grives, on mange des merles »…

J’ai donc regardé les formations de secrétaire assistante que proposait l’AFPA dans mon coin. Il y en avait justement une de prévue pour l’année suivante. La chance allait-elle enfin me sourire ou allais-je encore me retrouver avec des conditions aberrantes qui me barreraient l’accès à cette formation ?

J’ai donc eu un rendez-vous avec une psy de l’AFPA qui m’a fait passer les tests que j’ai réussis haut la main. Quelques mois après, l’AFPA m’a convoquée pour une réunion d’information, les choses se précisant pour moi.

Et là, on nous a sorti qu’il fallait qu’on repasse des tests, et pas des moindres en plus ! J’avais l’impression de retourner à l’école…

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Enfin, si la réussite à ces tests m’ouvrait la porte à une formation rémunérée…

Ah mais non : avant de crier victoire, il fallait, tests réussis ou pas, passer un entretien pour montrer notre motivation et que notre projet professionnel était mûrement réfléchi.

Quel flan juste pour une formation niveau bac pro ! C’était loin d’être aussi contraignant à l’époque où j’avais fait la formation de responsable de rayon…

Enfin, j’ai très bien réussi l’entretien (ben tu parles que mon projet était mûrement réfléchi, ça faisait plusieurs années que je cherchais à me réorienter dans l’administratif !), mais j’étais quand même méfiante vu la poisse qui me poursuivait…

Il faut croire que la personne qui me voulait du mal a jeté ma poupée vaudou à la poubelle car j’ai finalement été prise à cette formation !

Enfin !

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Je vous raconterai comment s’est déroulée cette formation dans un prochain post…

****

Abusé !

Franchement quand je repense à cette époque et à ce chemin de croix, je suis atterrée : en gros on ne convient jamais, on ne rentre jamais dans les cases pour avoir droit à une foutue formation de reconversion pour laquelle on n’a pas à vendre un rein !

On est :

  • trop vieux
  • trop diplômé (pour une fois on m’avait pas fait le coup)
  • pas expérimenté dans le domaine
  • en galère depuis trop longtemps
  • hors course parce qu’on a pas rempli toutes les conditions hyper restrictives
  • pas assez motivé (soi-disant)
  • pas militaire
  • etc.

Bref, ça m’énerve, parce que depuis des années j’entends les gouvernements successifs clamer haut et fort qu’ils vont aider les chômeurs à se former, or, au lieu de voir la situation s’arranger pour eux, force est de constater que c’est de pire en pire chaque année !

Ah ça c’est sûr que si on veut faire aide à la personne, des formations, il y en a (encore que…), seulement ces métiers sont des vocations, alors il faudrait que Pôle emploi arrête d’essayer de caser tous ses chômeurs là-dedans ! Tout le monde ne souhaite pas bosser dans ce domaine !

9 commentaires sur “Faire le parcours du combattant, c’est tout un art !

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  1. Sans parler des formations qui sont porteuses mais qui ne font pas partie du panel éligible par Pôle Emploi ou par le CIF… là ben tu te démerdes même si t’as cotisé pour avoir trois sous avec le CIF.
    Et des conseillers PE à côté de la plaque quand tu leur demande une info trop technique…

    Aimé par 1 personne

    1. Ils sont à côté de la plaque pour tout de toute façon…
      Concernant le CIF, déjà c’est compliqué pour être éligible, en plus il y a des formations qui ne sont pas sur le liste, mais même une fois ces barrières passées, apparemment c’est pas encore gagné ! Il faut que le dossier soit accepté par le Fongecif, qui peut te le refuser sous le prétexte que le domaine dans lequel tu veux te former n’est soit disant pas porteur… (la vraie raison étant « on est en fin d’année, on n’a plus de sous pour financer les formations »)

      Aimé par 1 personne

      1. Moi on me l’a refusé car je n’étais pas en poste en fait. Les mecs ils n’ont même pas songé qu’au chômage on pouvait aussi avoir envie de se former pour se réorienter…

        Aimé par 1 personne

  2. L’afpa! J’en ai mis des années avant de passer les tests d’entrée. Pour m’entendre dire qu’il n’y aurait pas de place en formation avant 2 ans. Et encore, en étant mobile sur toute la France. J’ai eu la chance de m’être décidée pour le DAEU et d’avoir trouvé le BTS à ce moment là. En 2 ans, plutôt que d’attendre une place, j’étais passée de bac mois à bac plus. Sans conséquences positives pour mon employabilité mais bref.
    Les formation, c’est en effet un parcours du combattant.

    Aimé par 1 personne

      1. Bien sûr, il va nous pondre un truc encore + con que le Plan de rebond de 2010 ; ça concernera uniquement les chômeurs de 27 ans, de signe Capricorne, ambidextres avec les yeux vairons…

        Aimé par 1 personne

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