Passer un concours, c’est tout un art !

(suite de ce post dans lequel j’évoquais mon expérimentation du boulot de caissière)

jaune-tube-colle-vecteur-eps_csp34173340.jpgEmbarquée dans le monde joyeux de la grande distribution, et en ayant de plus en plus marre de me farcir des clients chiants, je souhaitais vivement sortir de ce domaine, mais il n’est jamais facile de se débarrasser d’une étiquette qui vous colle à la peau, et que la plupart des acteurs de la recherche d’emploi s’évertuent à vous recoller coûte que coûte, quitte à y rajouter une bonne couche de glu…

J’ai quand même réussi à changer de voie, mais ce fut compliqué…

En effet, de retour de mon congé maternité, cherchant à tout prix à me réorienter, j’avais demandé à ma conseillère Popôle une aide pour trouver quelle pourrait être ma vocation.

Quelle ne fut pas sa joie de m’inscrire à une prestation « Cible emploi » ! Pour une fois qu’un chômeur demandait par lui-même à suivre l’un de ces ateliers, au lieu de se faire forcer la main pour que la conseillère remplisse ses quotas !

****

Retour à la case départ…

Je suis donc allée, pendant plusieurs semaines, voir une conseillère de l’UFCV pour suivre ma prestation « Cible emploi ».

On le sait tous, ce genre de prestation ne fait en général pas de miracle, et malheureusement je n’ai pas fait exception à la règle.

Mais la conseillère était très sympa et j’étais contente de remettre doucement un pied dans la vie active après mon congé mater ! Disons que ça m’occupait…

Donc pour moi, cet atelier n’était pas une corvée, plutôt de bons moments avec une conseillère qui faisait ce qu’elle pouvait pour m’aider…

Cette prestation consistait, si je me souviens bien, à faire des tests et remplir des questionnaires pour « trouver sa voie », et ensuite à lister les entreprises concernées et les démarches à suivre pour tenter de me réorienter dans cette nouvelle voie.

De nouveau, je me retrouvais avec des interrogations plein la tête au sujet de mon avenir professionnel, les tests ayant tous révélé que j’étais faite pour être écrivain public, bibliothécaire ou webdesigner… (je n’avais pas besoin de tests pour savoir ça mais soit…)

livreDonc : retour à la case départ pour moi… Les métiers du livre, tout ça, bien sûr que ça me tentait, mais souvenez-vous, je m’y étais déjà pété les dents !

La conseillère, devant mon désarroi, m’avait tout de même encouragée à me renseigner sur les concours de la FPT, quitte à tenter la catégorie C qui correspond au niveau le plus bas. Elle m’a expliqué qu’il était possible de postuler comme agent de bibliothèque avec en poche un concours d’adjointe administrative territoriale. Pas besoin donc pour moi de poireauter jusqu’à ce qu’une nouvelle cession de concours dans la filière culturelle soit organisée (ceux-ci étant rarissimes…).

Je me suis donc renseignée sur les concours administratifs à venir et, ô joie, une cession allait être organisée l’année suivante dans ma région !

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Qu’on ne me parle plus jamais de concours !!!

Souvenez-vous, je vous avais expliqué dans le post sur mon orientation que je refusais de passer des concours, sortant à peine des études et n’ayant pas envie de me replonger dans les révisions et tout le bazar…

Eh bien je n’aurais pas dû changer d’avis à ce sujet en fait, et je vais vous dire pourquoi…

Il faut savoir que ces concours ont beau être à des niveaux de diplômes faciles, il y a énormément de surdiplômés qui les tentent (comme moi j’ai fait).

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Il faut également savoir que, contrairement à ce qu’on veut nous faire gober, ils ne sont pas gratuits : il faut compter 7 euros de frais de dossier (du moins, c’était ça en 2010 quand je l’ai tenté), l’affranchissement de la lourde enveloppe contenant le dossier et tous les justificatifs (car l’envoi par courrier est obligatoire), l’achat de bouquins pour réviser, et les frais de déplacement car même si l’écrit s’est déroulé dans ma ville, l’oral, lui, a eu lieu dans le département d’à côté (et je précise qu’en 2010, les cars Macron et le covoit, ça n’existait pas)…

Ces sommes peuvent paraître dérisoires à certains, mais je peux vous dire que quand on arrive en fin de droits au chômage, ça fait beaucoup à sortir !

Ma conseillère de l’UFCV m’ayant parlé d’une éventuelle aide à la préparation de concours via le Greta de ma ville, j’étais allée m’y renseigner. Je suis tombée une fois de plus sur une femme hyper sympa, mais qui m’a dit qu’elle ne me promettait rien car les subventions maigrissaient à vue d’œil, et du coup, de moins en moins de personnes étaient admises à ces préparations.

Cela n’a pas raté : quelques jours après, j’ai reçu un courrier m’informant que je n’étais pas admissible à la prépa, car j’avais…

… trop de diplômes !

Eh oui, une fois de plus, on me renvoyait en pleine gueule l’erreur que j’avais faite d’être sérieuse en cours, et de suivre les conseils pourris d’orientation qu’on m’avait donné quand j’étais collégienne et lycéenne !

Qu’à cela ne tienne ! Ayant toujours été très scolaire (autant que ça me serve à quelque chose, pour une fois !), préparer seule ce concours ne me faisait pas peur. J’ai donc dégoté d’occase un livre de révisions de l’écrit sur un célèbre site de vente de pàp, et j’ai bûché à fond.

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Et le jour J, j’ai cartonné (maths et français), et j’ai donc obtenu le sésame pour passer les épreuves d’admission (càd l’oral, l’informatique et l’épreuve facultative — j’avais choisi anglais).

Et là, pour résumer : j’ai cartonné en anglais, j’étais déçue en informatique (ben en même temps, n’ayant alors sur mon vieil ordi que les logiciels gratuits de traitement de texte et de tableur — ça coûte trop cher les licences Microsoft ! –, et l’épreuve portant sur Word et Excel, je n’ai pas su trouver certaines fonctionnalités nécessaires à la réussite de celle-ci, et j’ai perdu un temps fou donc je n’ai pas pu terminer…), et je me suis lamentablement ramassée à l’oral (je suis tombée sur un jury qui m’a interrogée sur… l’entretien des routes ! J’étais dégoûtée : moi qui avais révisé tout bien comme il faut tout ce qui concernait l’amélioration des guichets d’accueil dans les administrations et le fonctionnement des bibliothèques communales, je me faisais coller sur un sujet qui n’avait strictement rien à voir avec le poste que je visais alors qu’en principe, à l’oral, on est censé être interrogé là-dessus ! Et après avoir parlé avec d’autres personnes qui sont tombées sur ce jury elles aussi, je me suis vite rendue compte qu’en fait, c’était le jury qui cassait tout le monde, histoire d’élaguer un max de candidats…).

Du coup, je ne m’attendais pas à des miracles quand j’ai reçu mon courrier, et pour cause : au départ on était environ 2 000 candidats, et j’ai fini 30e alors qu’il n’y avait que… 27 places… J’avais la rage !

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Et ma conseillère Popôle : « vous voulez pas réessayer ? C’est dommage, c’est pas passé loin ! »

NON ! J’ai dépensé des sous et je me suis organisée, tout ça pour RIEN au final !

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Et puis, qui me dit que j’aurais trouvé un taf une fois le concours en poche ? Apparemment c’est loin d’être aussi simple…

Alors, qu’on ne me parle plus jamais de concours !!!

Et heureusement que je n’ai pas fait que préparer ce concours pendant des mois : en parallèle, j’avais réussi à mettre enfin un pied hors du domaine commercial, ce dont je vous parlerai dans un prochain post…

****

Arrêtez tous avec vos concours !

Les concours ne sont pas la clé de la réussite d’une vie ! Il faudrait que les conseillers de tous horizons, et même les gens, dans la vie de tous les jours, arrêtent de bassiner les chômeurs avec ça !

Parce que c’est bien joli leurs « portes d’entrée vers la fonction publique », mais il ne faut pas oublier que les concours de la territoriale, eux, ne sont pas valables éternellement, et surtout, qu’ils ne vous font pas tomber un boulot tout cuit dans le bec ! Beaucoup de reçus, apparemment, enchaînent les stages sans jamais être embauchés, et voient leur précieux concours, pour lequel ils en ont tellement chié, périmer purement et simplement !

Quant à la fonction publique d’État, c’est encore un autre problème : une fois que vous l’avez, si vous ne finissez pas dans les premiers, dans quel coin de la France allez-vous vous retrouver pour exercer votre métier ? Dans les endroits où personne ne veut aller…

Donc stop avec les concours, surtout quand on sait que notre cher empereur veut réduire drastiquement le nombre de fonctionnaires…

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11 commentaires sur “Passer un concours, c’est tout un art !

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  1. Quand je l’ai passé, personne n’a pu terminer l’épreuve d’informatique. Trop du truc à faire sur des logiciels qu’on ne maitrise pas forcément.
    J’avais loupé à 0,30 point si je me souviens bien. Mon conseiller m’avait fait la même : faudra retenter, vous n’êtes pas loin de réussir. Oui oui, un jour.

    Aimé par 1 personne

    1. Ils s’imaginent que tout l’investissement fourni dans ces concours, on est prêts à le refournir direct derrière alors qu’on s’est planté de si peu ? N’importe quoi franchement ! Surtout quand notre carrière souhaitée ne dépend pas absolument de la réussite à ces concours…

      Aimé par 1 personne

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