Trouver un premier job, c’est tout un art !

Vous l’attendiez avec impatience (ou pas), voici la suite de mes déboires dans le monde merveilleux de la recherche d’emploi !

Dans le post précédent, j’avais arrêté ma narration à : « Dans un prochain post, je vous raconterai quelles portes m’a ouvert ce titre ainsi que la suite de mes (més)aventures de chômeuse… »

Me voici donc avec un nouveau diplôme en poche : le titre niveau IV Responsable de rayon.

Au moins, ce n’était pas un diplôme ultra théorique contrairement à ceux que j’avais déjà !

Et puis mes 3 stages allaient me permettre de mettre plus d’expériences professionnelles dans mon CV (non parce que « castration des maïs » et « monitorat de bibliothèque », ça faisait pas lourd quand même…).

Bref, comme à mon habitude en ce temps-là, en bonne naïve que j’étais, je pensais avec optimisme que la formation que je venais de suivre allait facilement m’ouvrir les portes de l’emploi dans le commerce.

porte-commerce.jpg

J’ai donc commencé à postuler tout d’abord comme vendeuse dans les magasins spécialisés, mais sans aucun succès, puis comme ELS dans les super- et hypermarchés alimentaires. De toute façon, n’ayant plus aucun revenu, il fallait absolument que je trouve un job car il n’était pas question pour moi de me faire entretenir par mon homme avec son pourcentage du SMIC qu’il touchait en alternance !

J’ai eu assez rapidement une convocation à un entretien dans un Leclerc pour faire de la mise en rayon en remplacement d’un congé maternité.

Je me suis donc pliée à l’exercice des tests « psychodébiles » qu’ils font systématiquement passer aux candidats qu’ils reçoivent, avant de passer ledit entretien.

Celui-ci s’est très bien déroulé étant donné que j’ai décroché le job ! 35h sur environ 3 mois, j’allais avoir un salaire qui me paraissait alors énorme : le SMIC !

****

Worst job EVER

J’ai vite déchanté car ce fut la pire expérience professionnelle de ma vie :

1 – Les horaires :

L’inconvénient, c’est que c’était un travail du matin 6 jours sur 7 et que je n’avais pas de voiture à cette époque. Mon homme était donc obligé de se lever hyper tôt pour m’emmener, et ensuite aller se recoucher avant de se lever à nouveau pour aller bosser… Pas très pratique mais bon, il fallait absolument que j’ai un boulot donc il disait que ce n’était pas grave, mais moi ça me faisait vraiment chier de lui imposer ça !

zombie.gifDe plus, en 3 mois, je n’ai jamais réussi à m’habituer à ce rythme (mais comment font ceux qui se coltinent les 3/8 ???) : le matin je bossais, l’aprêm, quand le sommeil ne m’emportait pas, je me traînais comme une zombie… Il m’est arrivée à plusieurs reprises de m’endormir à 18h, sans avoir dîné, et de me réveiller à minuit, dégoûtée car j’allais galérer pour me rendormir ensuite !

J’étais tellement crevée que le dimanche matin, seul jour où je ne travaillais pas et donc où je pouvais dormir, même la cathédrale qui sonnait la messe n’arrivait plus à me réveiller ! Et quand on sait que j’habitais dans l’hypercentre avec la seule fenêtre de l’appart qui donnait sur ladite cathédrale juste à côté (et pas de doubles vitrages bien entendu), c’est quand même impressionnant, surtout pour moi qui ai d’habitude le sommeil si léger !

2 – Le boulot :

Le boulot en lui-même n’était pas compliqué : étiqueter chaque article et mettre en rayon, faire gaffe aux rotations pour les DLC, faire le facing, mettre les promos de mon rayon dans l’allée centrale, passer un coup de balai, puis descendre en réserve avant l’ouverture pour préparer les rolls pour le lendemain et noter les articles à commander.

Mais il fallait tenir une sacrée cadence, ce que je n’ai jamais réussi à faire ! Du coup il fallait toujours qu’on vienne m’aider à finir mon rayon et je finissais tous les jours en retard, me retrouvant seule en réserve. Heureusement qu’il y avait une pointeuse, du coup toutes les heures que j’ai fait en plus m’ont été payées, contrairement à ce que me disaient les collègues !

3 – L’ambiance de merde :

J’aurais peut-être pu me faire plus facilement aux horaires, j’aurais peut-être pu travailler plus vite, si l’ambiance m’y avait aidée… Malheureusement ce ne fut pas le cas !

Parmi mes 3 collègues du rayon gâteaux-biscuits, il y en avait déjà une qui m’avait danschien_018.gif le pif, une vraie connasse qui roulait des mécaniques, ne parlait pas mais aboyait, et n’avait absolument aucune patience. En gros, avec elle, même en étant nouvelle, t’avais pas le droit d’être plus lente que les autres ou de faire la moindre erreur…

Et petit à petit j’ai découvert, en salle de pause, que même les autres collègues étaient de vraies connasses hypocrites : ça critiquait par derrière à longueur de temps, et par devant c’était toute mielleuse !

Un jour, une fille d’un autre rayon était absente. En salle de pause, ça a commencé à la critiquer (« elle est tout le temps malade, gnagnagna, elle se casse un ongle, elle se met en arrêt, gnagnagna… »). Puis, une fois que ce sujet a été épuisé, elles se sont mises à critiquer… le mec de la fille absente ! « Ouais, ça fait 3 fois qu’il rate le concours de prof des écoles, il est pas fut fut gnagnagna… » Faut quand même être sacrément culottée, quand on fait carrière chez Leclerc à mettre des boites de petits beurres en rayon, pour se permettre de critiquer quelqu’un qui plante son concours pour être prof ! Excusez-moi du peu !

Et bien sûr, le lendemain, quand la nana est revenue, ça y allait à coups de « alors ça va mieux ? », « contente de te revoir ! » etc.

Bref, à gerber !

Du coup, quand le chef de rayon m’a annoncé qu’il ne prolongerait pas mon contrat (osant quand même me sortir que j’étais pas faite pour la grande distribution alors que je sortais d’une formation qui aurait pu me permettre d’exercer le même job que ce merdeux si je l’avais voulu), je vous dis pas la délivrance ! J’avais peur qu’ils me prolongent pour que je couvre tout le congé maternité de la fille que je remplaçais, et franchement, j’étais tellement à bout que j’en aurais pleuré je crois ! J’avais perdu 5 kilos à cause de ce boulot de merde, parce que j’avais perdu l’appétit, surtout quand arrivait le dimanche soir : j’étais incapable d’avaler quoi que ce soit sachant que le lendemain, une nouvelle semaine au goulag allait commencer…

Bref, à mon dernier jour, j’avais l’impression d’être une ancienne détenue qui sort de prison ! Quelle délivrance !

prison-simpsons.gif

Suite à cette expérience désastreuse, je n’ai pas, contrairement à ce que pensait mon ancien chef de rayon, lâché la grande distribution, je voulais persévérer en lui prouvant qu’il avait tort (même s’il ne l’aurait jamais su).

En effet, il n’était pas question pour moi de me résigner à l’idée que j’avais fait une formation et décroché un diplôme pour rien !

Ma carrière dans ce domaine merveilleux allait donc continuer, mais ça, je vous en parlerai dans un prochain post !

****

Bilan

S’il y a un seul avantage à avoir connu cette première vraie expérience pro horrible, ce fut la certitude de ne pas trouver pire ailleurs !

À part ça, je ne comprends toujours pas aujourd’hui pourquoi les collègues se comportaient comme ça… Elles ne font pas un boulot facile, alors pourquoi ne se serrent-elles pas les coudes ?

Enfin, j’ai été confrontée, lors de cette première expérience en grande distribution, au monde merveilleux du travail, où il faut être opérationnel tout de suite, où on t’en demande toujours plus en toujours moins de temps, où on te regarde de travers parce qu’une vioque a trouvé un paquet de chocos affiché à 1 ct de moins que le prix en caisse et qu’elle a tapé un scandale pour ça. Grands dieux ! Tu as donc commis l’erreur ultime d’oublier de réétiqueter 1 paquet sur tous ceux du rayon ! Tu mérites un châtiment exemplaire pour ça !

bucher

19 commentaires sur “Trouver un premier job, c’est tout un art !

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  1. L’ambiance entre collègues j’ai l’impression que c’est partout. Les gens peuvent pas juste être courtois au taf et repartir tranquille chez eux ensuite, faut que ça fasse des clans que ça médise et tout. Pas assez à gérer dans leurs vies perso peut être?

    Aimé par 1 personne

      1. ben non Lampy, regarde : ton employeur précédent était un gros con qui faisait tout pour pas te payer et trouvait toujours un prétexte pour te laisser tout gérer seule, et celui-ci préfère la greluche qui couche… ça vient pas de toi mais d’eux ! toi tu es pleine de motivation et de bonne volonté, tu fais largement plus que tes heures sans rechigner, donc tu n’as strictement rien à te reprocher !

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      2. ya une certaine logique : tu trouves parce qu’il y a une demande de personnel parce qu’il y a du turnover, et en général, le turnover signifie que les personnes ne restent pas longtemps car le poste, l’ambiance, les patrons… sont nazes, ou parce que les employeurs exigent le mouton à 5 pattes opérationnel tout de suite, tout en refusant de prendre du temps pour le former…

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