« Être né sous le signe de l’Hexagone »…

 

Source : http://www.alorsquoidefun.fr
Source : http://www.alorsquoidefun.fr

Tout à l’heure j’écoutais une vieille chanson de Renaud dénommée « Hexagone », chanson géniale aux paroles à la fois cinglantes envers la France et vraies, celles-ci se basant sur des faits historiques et des coutumes chères à notre pays.

 

Et puis j’ai pensé : beaucoup de ces paroles sont toujours d’actualité, mais s’il prenait à Renaud d’en faire une version « fin de 20e – début de 21e siècle », il n’aurait aucun mal à trouver l’inspiration.

Par exemple, pour le 1er couplet sur janvier (dont les paroles originales sont en italique ci-dessous) : il pourrait évoquer ces français descendus en masse dans les rues pour scander « Je suis Charlie », et qui se sont rués chez les marchands de journaux pour acheter l’exemplaire de Charlie Hebdo post-attentats, alors qu’avant ces mêmes attentats beaucoup d’entre eux conspuaient le magazine satirique en question…

Ils s’embrassent au mois de janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l’a pas tell’ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y’a qu’le décor qui évolue,
la mentalité est la même,
tous des tocards, tous des faux culs.

Pour février, une petite allusion aux JO de Sotchi (2014), et aux braves français qui encouragent leurs athlètes tout en sachant pertinemment que derrière le faste de l’événement se cache la misère des ouvriers-esclaves ayant construit les infrastructures sportives et des riverains expropriés sans ménagement par la clique de Poutine, ne serait pas de trop…

Ils sont pas lourds en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne.
La France est un pays de flics,
à tous les coins d’rue y’en a cent,
pour faire régner l’ordre public
ils assassinent impunément.

Pour mars, pourquoi ne pas parler de la Journée de la femme, que les français célèbrent hypocritement le 8, alors que des inégalités de salaires persistent aujourd’hui dans notre beau pays (et je ne parle pas des femmes battues, des viols, etc.) ?

Quand on exécute au mois d’mars,
de l’autr’côté des Pyrénées,
un anarchiste du Pays Basque,
pour lui apprendre à s’révolter,
ils crient, ils pleurent et ils s’indignent
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient qu’la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore.

[Petit refrain :
Être né sous l’signe de l’hexagone,
c’est pas c’qu’on fait de mieux en c’moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j’parierais pas qu’il est allemand.]

Pour avril, comment ne pas parler de ce dimanche, en 2002, où beaucoup de français découvraient, médusés, qu’il faudrait choisir au second tour des présidentielles entre Chirac et… Le Pen ! C’était fait, le fascisme avait réussi à franchir la ligne du premier tour en 2e position, et ce n’est qu’une fois le mal fait que les français abstentionnistes se réveillèrent enfin et allèrent en masse aux urnes pour dire non au FN…

On leur a dit, au mois d’avril,
à la télé, dans les journaux,
de pas se découvrir d’un fil,
que l’printemps c’était pour bientôt,
Les vieux principes du seizième siècle,
et les vieilles traditions débiles,
ils les appliquent tous à la lettre,
y m’font pitié ces imbéciles.

Pour mai, restons dans la politique : Renaud pourrait ici parler de l’élection de Sarkozy à la présidentielle de 2007. Pour une fois, la France avait l’occasion d’élire une femme à la présidence de la République, mais plus de 53 % des votants n’étaient visiblement pas prêts à une telle « révolution »… Ils ont donc préféré donner leurs voix au président Bling-Bling qui trempait déjà dans de nombreuses magouilles à cette époque, et qui n’avait alors pas fini de nous surprendre… désagréablement !

Ils se souviennent, au mois de mai,
d’un sang qui coula rouge et noir,
d’une révolution manquée
qui faillit renverser l’histoire.
J’me souviens surtout d’ces moutons,
effrayés par la liberté, s’en allant voter par millions
pour l’ordre et la sécurité.

Pour juin, j’opterais pour le crash du vol Rio-Paris, sur lequel les « officiels » se sont posé beaucoup de questions (était-ce la faute des pilotes ? Des sondes défectueuses ? De la météo ? Des terroristes ? Des militaires ?) tandis que des familles françaises pleuraient les 72 victimes du pays…

Ils commémorent au mois de juin,
un débarquement d’Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain
qu’est v’nu se faire tuer loin d’chez lui.
Ils oublient qu’à l’abri des bombes,
les Français craient : vive Pétain,
qu’ils étaient bien planqués à Londres,
qu’y’avait pas beaucoup d’Jean Moulin.

[Refrain :
Être né sous l’signe de l’hexagone,
c’est pas la gloire en vérité
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu’il est portugais.]

L’inspiration ne manque pas pour juillet, mais ce qui symbolise le plus ce mois pour notre cher pays, c’est le fameux Tour de France : les français encouragent avec ferveur des mecs sponsorisés jusqu’à l’os, capables de gravir des montagnes en étant à peine essoufflés… Et lorsqu’en 1998 on découvre que ces cyclistes sont tous dopés, la France s’offusque, la France joue l’étonnée… la France est bien naïve quand même !

Ils font la fête au mois d’juillet,
en souv’nir d’une révolution
qui n’a jamais éliminé
la misère et l’exploitation.
Ils s’abreuvent de bals populaires,
d’feux d’artifice et de flonflons,
ils pensent oublier dans la bière
qu’ils sont gouvernés comme des pions.

Ah, août… les routes de vacances envahies de touristes… L’éternel reportage du JT montrant le français en train de se plaindre parce qu’avec son gros 4×4 flambant neuf, il est coincé dans les bouchons… Ce français qui a la chance d’avoir les moyens de partir en vacances à l’autre bout du pays tout le mois, d’avoir la clim dans sa voiture, de savoir qu’une fois arrivé à destination il pourra se prélasser sur une plage ensoleillée ou dans une piscine immense à débordement… et qui se plaint devant les caméras, sachant pertinemment qu’il sera regardé par des « pauvres » qui n’ont même pas les moyens de partir un week-end dans leur vieille Renault 5 sans clim, et qui seraient bien contents de se retrouver coincés dans des embouteillages sur la route des vacances…

Au mois d’août c’est la liberté
après une longue année d’usine,
ils crient : vive les congés payés ;
ils oublient un peu la machine.
En Espagne, en Grèce ou en France,
ils vont polluer toutes les plages,
et, par leur unique présence,
abîmer tous les paysages.

En septembre, Ben Laden fait une partie de bowling géant avec les tours jumelles du World Trade Center : strike ! Les pays occidentaux, et parmi eux notre chère France, réalisent alors que le terrorisme peut aussi les toucher, que ça n’arrive pas qu’au Moyen Orient…

Lorsqu’en septembre on assassine
un peuple et une liberté
au coeur de l’Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler.
Un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueuilli,
le fascisme c’est la gangrène,
à Santiago comme à Paris.

[Refrain :
Être né sous l’signe de l’hexagone,
c’est vraiment pas une sinécure,
et le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j’en suis sûr.]

C’est un mois d’octobre que l’ONU nous apprend que nous sommes désormais plus de 7 milliards sur Terre… 7 milliards de personnes qui s’entassent sur une planète au bord de l’asphyxie… et parmi ces 7 milliards, combien qui crèvent la dalle ? Combien qui meurent sous les bombes ? Combien qui sont maltraités, opprimés, abusés ? Et combien qui polluent, détruisent tout sur leur passage, magouillent en toute impunité ?

Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs côtes-du-rhône et leurs bordeaux.
Ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l’étranger,
leur pinard et leur camembert,
c’est leur seule gloire, à ces tarés.

Novembre : LE mois des grandes conférences mondiales sur le climat… C’est le mois que choisissent les dirigeants de nombreux pays pour faire croire au peuple qu’ils se préoccupent de l’avenir de la planète sur le plan environnemental… Ceux-là même qui se rendent à la conférence… en grosse bagnole polluante, qui « oublient » de prendre des mesures drastiques contre les grands groupes pétroliers (entre autres) pour ne pas se mettre les lobbys à dos…

En novembre, au Salon d’l’auto,
ils vont admirer par milliers
l’dernier modèle de chez Peugeot,
qu’il pourront jamais se payer.
La bagnole, l’été, l’tiercé,
c’est l’opium du peuple de France,
lui supprimer c’est le tuer,
c’est une drogue à accoutumance.

En décembre, dans une Europe éprouvée par le terrorisme, l’esprit de noël en prend un coup, surtout quand un camion bélier fonce dans une foule d’innocents, tout ça au nom d’une religion réinterprétée en version extrémiste… La France ne peut s’empêcher de repenser au camion bélier qui avait foncé dans la foule niçoise le 14 juillet dernier… Mais dans quel monde vit-on ?

En décembre, c’est l’apothéose,
la grande bouffe et les les p’tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y’a d’la joie dans les ghettos.
La Terre peut s’arrêter d’tourner,
ils rat’ront pas leur réveillon,
moi j’voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.

[Refrain :
Être né sous l’signe de l’Hexagone,
on peut pas dire qu’ça soit bandant.
Si l’roi des cons perdait son trône,
y’aurait cinquante millions de prétendants.]

 

Donc, Renaud, si tu manques d’inspiration pour écrire de nouvelles chansons, tu sais ce qui te reste à faire !

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